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XX


ENTERRÉS VIVANTS !


Le chef fut fidèle à sa parole, et nous fûmes abondamment pourvus de provisions fraîches. Nous trouvâmes les tortues aussi bonnes qu’aucune que nous eussions jamais goûtée, et les canards étaient supérieurs à nos meilleures espèces d’oiseaux sauvages, — excessivement tendres, juteux, et d’une saveur exquise. En outre, les sauvages nous apportèrent, après que nous leur eûmes fait comprendre notre désir, une grande quantité de céleri brun et de cochléaria, ou herbe au scorbut, avec un plein canot de poisson frais et de poisson sec. Le céleri fut pour nous un vrai régal, et le cochléaria eut un résultat admirable et servit à guérir ceux de nos hommes chez qui avaient déjà paru les symptômes du mal. En très-peu de temps nous n’eûmes plus un seul cas sur le rôle des malades. Nous reçûmes aussi d’autres provisions fraîches en abondance, parmi lesquelles je dois citer une espèce de coquillage qui par sa forme ressemblait à la moule, mais qui avait le goût de l’huître. Nous eûmes également en abondance des crevettes des deux espèces et des œufs d’albatros et d’autres oiseaux dont les coquilles étaient noires. Nous embarquâmes encore une bonne provision de chair de cochon, de l’espèce dont j’ai déjà parlé. La plupart de nos hommes y trouvèrent une nourriture agréable ; mais pour ma part elle me sembla imprégnée