Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/224

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d’une odeur de poisson, et d’ailleurs répugnante. En retour de toutes ces bonnes choses, nous offrîmes aux naturels des colliers à grains bleus, des bijoux de cuivre, des clous, des couteaux et des morceaux de toile rouge, et ils se montrèrent complètement enchantés de l’échange. Nous établîmes sur la côte un marché régulier, juste sous les canons de la goëlette, et tout le trafic s’y opéra avec toutes les apparences de la bonne foi et avec un ordre auquel nous ne nous serions pas attendus de la part de ces sauvages, à en juger par leur conduite au village de Klock-Klock.

Les choses allèrent ainsi fort amiablement pendant quelques jours, et, durant cette période des bandes de naturels vinrent fréquemment à bord de la goëlette, et des détachements de nos hommes descendirent souvent à terre, faisant de longues excursions dans l’intérieur et n’éprouvant de la part des habitants aucune espèce de vexation. Voyant avec quelle facilité le navire pouvait être chargé de biche de mer, grâce aux dispositions amicales des insulaires, et quel secours ils pouvaient prêter pour la ramasser, le capitaine Guy résolut d’entrer en négociation avec Too-wit relativement à l’érection de bâtiments commodes, pour préparer l’article, et à la récompense due à lui et à ses hommes qui se chargeraient d’en recueillir le plus possible, pendant que nous profiterions du beau temps pour poursuivre notre voyage vers le sud. Quand il fit entendre son projet au chef, celui-ci sembla très-disposé à entrer en accommodement. Un marché fut donc conclu, parfaitement satisfaisant pour les deux parties, et on convint qu’après avoir fait les préparatifs nécessaires, tels