Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/249

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me rappelle qu’il avait donné quelques ordres à ce sujet, juste avant de toucher à l’île, et qu’on avait porté dans la cabine et serré dans un des caissons ce précieux échantillon. Il venait d’être jeté sur la côte par l’explosion ; mais pourquoi causait-il une si grande agitation parmi les sauvages, c’est ce qui dépassait notre intelligence. Bien que la foule se fût amassée autour de la bête, à une petite distance, aucun d’eux n’avait l’air de vouloir en approcher tout à fait. Bientôt, les hommes armés de pieux les plantèrent en cercle autour du cadavre, et à peine cet arrangement fut-il achevé, que toute cette immense multitude se précipita vers l’intérieur de l’île, en vociférant ses Tekeli-li ! Tekeli-li !




XXIII


LE LABYRINTHE.


Pendant les six ou sept jours qui suivirent nous restâmes dans notre cachette sur la colline, ne sortant que de temps à autre, et toujours avec les plus grandes précautions, pour chercher de l’eau et des noisettes. Nous avions établi sur la plate-forme une espèce d’appentis ou de cabane, et nous l’avions meublée d’un lit de feuilles sèches et de trois grosses pierres plates, lesquelles nous servaient également de cheminée et de table. Nous allumâmes du feu sans peine en frottant l’un contre l’autre deux morceaux de bois, l’un tendre, l’autre dur. L’oiseau que nous avions pris si à