Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/253

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


nous n’eussions guère l’espoir de découvrir une issue.

Nous pûmes atteindre sans trop de peine le fond de cette cavité, comme nous avions déjà fait, et il nous fut alors possible de l’examiner tout à loisir. C’était positivement un des endroits les plus singuliers du monde, et il nous était difficile de nous persuader que ce fût là purement l’œuvre de la nature. L’abîme avait, de l’extrémité est à l’extrémité ouest, à peu près cinq cents yards de long, en supposant toutes les sinuosités alignées bout à bout ; la distance de l’est à l’ouest, en ligne droite, n’était guère de plus de quarante à cinquante yards, autant que je pus conjecturer, car je n’avais pas de moyens exacts de mesurage. Au commencement de notre descente, c’est-à-dire jusqu’à une centaine de pieds à partir du sommet de la colline, les parois de l’abîme ressemblaient fort peu l’une à l’autre et ne paraissaient pas avoir été jamais réunies, l’une des surfaces étant de pierre de savon, l’autre de marne, mais granulée de je ne sais quelle substance métallique. La largeur moyenne, ou intervalle entre les deux murailles, était quelquefois de soixante pieds environ ; mais ailleurs disparaissait toute régularité de formation. Toutefois, en descendant encore, au delà de la limite que j’ai indiquée, l’intervalle se rétrécissait rapidement, et les parois commençaient à courir parallèlement l’une à l’autre, quoiqu’elles fussent encore, jusqu’à une certaine étendue, différentes par la matière et par la physionomie de leur surface. En arrivant à cinquante pieds du fond commençait la régularité parfaite. Les murailles apparaissaient complètement uniformes quant à la substance, à la couleur et à la direc-