Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/258

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l’est du troisième abîme, nous découvrîmes deux trous triangulaires d’une grande profondeur, dont les parois étaient également de granit noir. Quant à descendre dans ces trous, nous jugeâmes qu’ils n’en valaient pas la peine ; car ils étaient sans issue et avaient l’apparence de simples puits naturels. Ils avaient chacun vingt pieds environ de circonférence, et leur forme, ainsi que leur position relativement au troisième gouffre, est indiquée plus haut dans la figure 5.




XXIV


L’ÉVASION.


Le 20 du mois, voyant qu’il nous était absolument impossible de vivre plus longtemps sur les noisettes, dont l’usage nous causait des tortures atroces, nous résolûmes de faire une tentative désespérée pour descendre le versant méridional de la colline. De ce côté, la paroi du précipice était d’une espèce de pierre de savon extrêmement tendre, mais presque perpendiculaire dans toute son étendue (une profondeur de cent cinquante pieds au moins), et même surplombant en plusieurs endroits. Après un long examen, nous découvrîmes une étroite saillie à vingt pieds à peu près au-dessous du bord du précipice ; Peters réussit à sauter dessus ; encore lui prêtai-je toute l’assistance possible avec nos mouchoirs attachés ensemble. J’y descendis à mon tour avec un peu plus de difficulté ; et nous vîmes alors qu’il y avait possibilité de descendre jusqu’au bas par le même procédé que