Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/259

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nous avions employé pour grimper du gouffre où nous avait ensevelis la colline écroulée, c’est-à-dire en taillant avec nos couteaux des degrés sur la paroi de stéatite. On peut à peine se figurer jusqu’à quel point l’entreprise était hasardeuse ; mais, comme il n’y avait pas d’autre ressource, nous nous décidâmes à tenter l’aventure.

Sur la saillie où nous étions placés s’élevaient quelques méchants coudriers ; à l’un d’eux nous attachâmes par un bout notre corde de mouchoirs. L’autre bout étant assujetti autour de la taille de Peters, je le descendis le long du précipice jusqu’à ce que les mouchoirs fussent rendus roides. Il se mit alors à creuser un trou profond (de huit ou dix pouces environ) dans la pierre de savon, talutant la roche à un pied au-dessus à peu près, de manière à pouvoir planter, avec la crosse d’un pistolet, une cheville suffisamment forte dans la surface nivelée. Je le hissai alors de quatre pieds à peu près, et là il creusa un trou semblable au trou inférieur, planta une nouvelle cheville de la même manière, et obtint ainsi un point d’appui pour les deux pieds et les deux mains. Je détachai alors les mouchoirs de l’arbrisseau, et je lui jetai le bout, qu’il assujettit à la cheville du trou supérieur ; il se laissa ensuite glisser doucement à trois pieds environ plus bas qu’il n’avait encore été, c’est-à-dire de la longueur totale des mouchoirs. Là il creusa un nouveau trou et planta une nouvelle cheville. Alors il se hissa lui-même, de manière à poser ses pieds dans le trou qu’il venait de creuser, empoignant avec ses mains la cheville dans le trou au-dessus.

Il lui fallait alors détacher le bout du mouchoir de la