Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/278

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La perte des deux ou trois derniers chapitres (car il n’y en avait que deux ou trois) est une perte d’autant plus déplorable qu’ils contenaient indubitablement la matière relative au pôle même, ou du moins aux régions situées dans la proximité immédiate du pôle, et que les affirmations de l’auteur relativement à ces régions pourraient être bientôt vérifiées ou contredites par l’expédition dans l’Océan Antarctique que le gouvernement prépare en ce moment même.

Il y a un point de la relation sur lequel il est bon de présenter quelques observations ; et ce sera pour l’auteur de cet appendice un plaisir très-vif, si ses réflexions ont pour résultat de donner un certain crédit aux très-singulières pages récemment publiées. Nous voulons parler des gouffres découverts dans l’île de Tsalal et de l’ensemble des figures comprises dans le chapitre XXIII.

M. Pym a donné les dessins des abîmes sans commentaire, et il décide résolûment que les entailles trouvées à l’extrémité du gouffre situé le plus à l’est n’ont qu’une ressemblance fantastique avec des caractères alphabétiques, — enfin, et d’une manière positive, qu’elles ne sont pas des caractères. Cette assertion est faite d’une manière si simple et soutenue par une sorte de démonstration si concluante (c’est-à-dire l’adaptation des fragments trouvés dans la poussière dont les saillies remplissaient exactement les entailles du mur), que nous sommes forcés de croire l’écrivain de bonne foi ; et aucun lecteur raisonnable ne supposera qu’il en soit autrement. Mais comme les faits relatifs à toutes les figures sont des plus singuliers (particulièrement quand on les rapproche de