Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/31

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l’ouverture. Durant tout ce temps, je n’eus aucunes nouvelles d’Auguste ; mais cela ne me causa pas grande inquiétude, car je savais que le brick allait prendre la mer d’un moment à l’autre, et, dans toute cette agitation, mon ami ne devait pas trouver facilement l’occasion de descendre me voir. Enfin j’entendis la trappe s’ouvrir et se fermer, et il m’appela alors d’une voix sourde, me demandant si tout allait bien pour moi, et si j’avais besoin de quelque chose.

— De rien, — répondis-je ; — je suis aussi bien que je puis être. Quand le brick met-il à la voile ?

— Il lèvera l’ancre dans moins d’une demi-heure, — me répondit-il ; — j’étais venu pour vous le faire savoir, et je craignais que vous ne fussiez inquiet de mon absence. Je n’aurai pas la chance de redescendre avant quelque temps, — peut-être bien avant trois ou quatre bons jours. Tout va bien là-haut. Après que je serai remonté et que j’aurai fermé la trappe, glissez-vous en suivant le filin jusqu’à l’endroit du clou. Vous y trouverez ma montre ; — elle peut vous être utile, car vous n’avez pas la lumière du jour pour apprécier le temps. Je parie que vous ne pourriez pas dire depuis combien de temps vous êtes enterré ici : — il n’y a que trois jours ; nous sommes aujourd’hui le vingt du mois. Je porterais bien la montre jusqu’à votre caisse ; mais je crains qu’on n’ait besoin de moi.

Et puis il remonta.

Une heure environ après son départ, je sentis distinctement le brick se mettre en marche, et je me félicitai de commencer un voyage pour de bon. Tout plein de