Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/42

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cause probable qui me murait ainsi dans ma tombe. Je ne pouvais attraper aucune chaîne logique de réflexions ; je me laissai tomber sur le plancher, et je m’abandonnai sans résistance aux imaginations les plus noires, parmi lesquelles se dressaient principalement, écrasants et terribles, la mort par la soif, la mort par la faim, l’asphyxie et l’enterrement prématuré. À la longue cependant, une partie de ma présence d’esprit me revint. Je me relevai, et je cherchai avec mes doigts les joints et les fissures de la trappe. Les ayant trouvés, je les examinai scrupuleusement, pour vérifier s’ils laissaient filtrer quelque lumière de la cabine ; mais il n’y avait aucune lueur appréciable. J’introduisis alors la lame à tailler les plumes à travers les fentes, jusqu’à ce que j’eusse rencontré un obstacle dur. En raclant, je découvris que c’était une masse énorme de fer, et, à la sensation particulière d’ondulation que me rendit ma lame en frôlant tout le long, je conclus que ce devait être une chaîne. Le seul parti qui me restât à suivre maintenant était de reprendre ma route vers ma caisse, et là de me résigner à mon triste destin, ou de m’appliquer à pacifier mon esprit pour le rendre capable de combiner quelque plan de salut. J’entrepris immédiatement la chose, et je réussis, après d’innombrables difficultés, à effectuer mon retour. Comme je me laissais tomber, entièrement épuisé, sur mon matelas, Tigre s’étendit tout de son long à mon côté, comme désirant, par ses caresses, me consoler de toutes les peines et m’exhorter à les supporter avec courage.

À la longue, la singularité de sa conduite arrêta forte-