Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/41

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je faisais un effort désespéré pour déranger la caisse de sa place, je sentis comme une vibration sensible du côté qui me faisait face. Je glissai vivement ma main sur les interstices des planches, et je m’aperçus que l’une d’elles, une très-large, branlait. Avec mon couteau, que j’avais sur moi par bonheur, je réussis, mais non sans peine, à la détacher entièrement ; et, passant à travers l’ouverture, je découvris, à ma grande joie, qu’il n’y avait pas de planches du côté opposé, — en d’autres termes, que le couvercle manquait, et que c’était à travers le fond que je m’étais frayé une voie. Dès lors, je suivis ma ligne sans trop de difficultés, jusqu’à ce qu’enfin j’atteignisse le clou. Je me redressai avec un battement de cœur, et je poussai doucement la porte de la trappe. Elle ne s’éleva pas avec autant de promptitude que je l’avais espéré, et je la poussai avec un peu plus de décision, craignant toujours que quelque autre personne qu’Auguste ne se trouvât en ce moment dans sa cabine. Cependant, la porte, à mon grand étonnement, resta ferme, et je devins passablement inquiet, car je savais que primitivement elle cédait sans effort et à la moindre pression. Je la poussai vigoureusement, — elle ne bougea pas ; de toute ma force, — elle ne voulut pas céder ; avec rage, avec furie, avec désespoir, — elle défia tous mes efforts ; et il était évident, à en juger par l’inflexibilité de la résistance, que le trou avait été découvert et solidement condamné, ou bien que quelque énorme poids avait été placé dessus, qu’il ne fallait pas songer à soulever.

Ce que j’éprouvai fut une sensation extrême d’horreur et d’effroi. J’essayai en vain de raisonner sur la