Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/52

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traint à me relever sur mon matelas. Cette inquiétude me venait de la conduite du chien.

J’avais déjà observé une altération dans sa manière d’être, pendant que je frottais le phosphore sur le papier lors de ma dernière expérience. Juste comme je frottais, il avait fourré son nez contre ma main avec un léger grognement ; mais j’étais, en ce moment, trop fortement agité pour faire grande attention à cette circonstance. Peu de temps après, on se le rappelle, je m’étais jeté sur le matelas, et j’étais tombé dans une espèce de léthargie. Je m’aperçus alors d’un singulier sifflement tout contre mon oreille, et je découvris que ce bruit provenait de Tigre, qui haletait et soufflait, comme s’il était en proie à la plus grande excitation, les globes de ses yeux étincelant furieusement à travers l’obscurité. Je lui adressai la parole, et il me répondit par un sourd grognement ; et puis il se tint tranquille. Je retombai alors dans ma torpeur, et j’en fus de nouveau tiré de la même manière. Cela se répéta trois ou quatre fois ; enfin sa conduite m’inspira une telle frayeur que je me sentis tout à fait éveillé. Il était alors couché tout contre l’ouverture de la caisse, grognant terriblement, quoique dans une espèce de ton bas et sourd, et grinçant des dents comme s’il était tourmenté par de fortes convulsions.

Je ne doutais pas que la privation d’eau et l’atmosphère renfermée de la cale ne l’eussent rendu enragé, et je ne savais absolument quel parti prendre. Je ne pouvais pas supporter la pensée de le tuer, et cependant cela me semblait absolument nécessaire pour mon propre salut. Je distinguais parfaitement ses yeux fixés sur moi avec