Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/57

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


il y avait eu à bord un si constant remue-ménage, tant d’allées et venues, particulièrement dans la chambre et les cabines d’officier, qu’il ne pouvait guère venir me voir sans courir le risque de livrer le secret de la trappe. Lorsque enfin il descendit, je lui affirmai que j’étais aussi bien que possible ; pendant les deux jours qui suivirent, il n’éprouva donc pas une bien grande inquiétude à mon endroit ; cependant il guettait toujours l’occasion de descendre. Ce ne fut que le quatrième jour qu’il la trouva enfin. Plusieurs fois durant cet intervalle, il avait pris la résolution d’avouer l’aventure à son père et de me faire décidément monter ; mais nous étions toujours à proximité de Nantucket, et il était à craindre, à en juger par quelques mots qui avaient échappé au capitaine Barnard, qu’il ne revînt immédiatement sur son chemin, s’il découvrait que j’étais à bord. D’ailleurs, en pesant bien les choses, Auguste, à ce qu’il me dit, ne pouvait pas imaginer que je souffrisse de quelque besoin urgent, ou que j’hésitasse, en pareil cas, à donner de mes nouvelles par la trappe. Donc, tout bien considéré, il conclut à me laisser attendre jusqu’à ce qu’il pût trouver l’occasion de me venir voir sans être observé. Ceci, comme je l’ai dit, n’eut lieu que le quatrième jour après qu’il m’eut apporté la montre, et le septième depuis mon installation dans la cale. Il descendit donc sans apporter avec lui d’eau ni de provisions, n’ayant d’abord en vue que d’attirer mon attention et de me faire venir de la caisse jusqu’à la trappe, puis alors de remonter dans sa chambre, et de là de me faire passer ce dont j’avais besoin. Quand il descendit dans ce but, il s’aperçut que je dormais ; car il paraît que