Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/64

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confiance que dans le temps et les progrès de la science pour vérifier quelques-unes de mes plus importantes et improbables assertions.

Après beaucoup d’indécision et deux ou trois querelles violentes, il fut enfin décidé que tous les prisonniers (à l’exception d’Auguste, que Peters s’obstina, d’une manière comique, à vouloir garder comme son secrétaire) seraient abandonnés à la dérive dans une des plus petites baleinières. Le second descendit dans la chambre pour voir si le capitaine Barnard vivait encore ; — car on se rappelle que, quand les révoltés étaient montés sur le pont, ils l’avaient laissé en bas. Ils reparurent bientôt tous les deux, le capitaine pâle comme la mort, mais un peu remis des effets de sa blessure. Il parla aux hommes d’une voix à peine intelligible, les supplia de ne pas l’abandonner à la dérive, mais de rentrer dans le devoir, leur promettant de les débarquer n’importe où ils voudraient, et de ne faire aucune démarche pour les livrer à la justice. Il aurait aussi bien fait de parlementer avec le vent. Deux des gredins l’empoignèrent par les bras et le jetèrent par-dessus le bord dans l’embarcation, qui avait été amenée pendant que le second descendait dans la chambre. Les quatre hommes qui étaient couchés sur le pont furent alors débarrassés de leurs liens et reçurent l’ordre de descendre, ce qu’ils firent sans essayer la moindre résistance, — Auguste restant toujours dans sa douloureuse position, bien qu’il s’agitât et implorât la pauvre consolation de faire à son père ses derniers adieux. Une poignée de biscuits et une cruche d’eau furent alors passées aux malheureux, —