Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/74

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tout un mode de nouveauté et d’amusement qu’on devait trouver dans les innombrables îles du Pacifique, sur la parfaite sécurité et l’absolue liberté dont on jouirait là-bas, mais plus particulièrement encore sur les délices du climat, sur les ressources abondantes pour bien vivre et sur la voluptueuse beauté des femmes. Jusqu’alors, rien n’avait encore été absolument décidé ; mais les peintures du maître-cordier métis mordaient fortement sur les imaginations ardentes des matelots, et toutes les probabilités étaient pour la mise à exécution de son plan.

Les trois hommes s’en allèrent au bout d’une heure à peu près, et personne n’entra dans le gaillard d’avant de toute la journée. Auguste se tint coi jusqu’aux approches de la nuit. Alors il se débarrassa de ses fers et de sa corde, et se prépara à sa nouvelle tentative. Il trouva une bouteille dans l’un des cadres et la remplit avec l’eau de la cruche laissée par Peters, puis il fourra dans ses poches des pommes de terre froides. À sa grande joie, il fit aussi la découverte d’une lanterne, où se trouvait un petit bout de chandelle. Il pouvait l’allumer quand bon lui semblerait, ayant en sa possession une boîte d’allumettes phosphoriques.

Quand la nuit fut tout à fait venue, il se glissa par le trou de la cloison, ayant pris la précaution d’arranger les couvertures de manière à simuler un homme couché. Quand il eut passé, il suspendit de nouveau la vareuse à son couteau pour cacher l’ouverture, — manœuvre qu’il exécuta facilement, n’ayant rajusté le morceau de planche qu’après. Il se trouva alors dans le faux pont et continua