Page:Edmond - Louis Blanc, 1882.djvu/24

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


ragoût à la chronique des hommes et des choses sous le règne de Louis-Philippe.

Ce qui est sûr, c’est que Louis Blanc eut cette bonne fortune de trouver les principaux acteurs du drame de son temps, disposés à lui ouvrir leurs cartons, à lui faire part de leurs souvenirs, à laisser échapper devant lui leurs secrets. C’est ainsi que notre historien recueillit de la bouche même de M. Dupanloup, confesseur in articulo mortis, de M. Talleyrand, le fameux mot déjà qu’arracha à Louis-Philippe cette plainte du mourant : Je souffre comme un damné ! C’est ainsi encore qu’il dut à huit jours d’hospitalité que l’accoucheur de la duchesse de Berri lui offrit à Nogent-le-Rotrou et pendant lesquels il gagna le cœur de M. Deneux, communication d’un manuscrit où celui-ci avait consigné jour par jour, heure par heure, tout ce qui s’était passé dans la citadelle de Blaye pendant que la duchesse y était prisonnière. De fait, l’Histoire de Dix Ans renferme une foule de détails si précis, elle abonde en révélations si imprévues, elle présente des tableaux d’intérieur si singulièrement fidèles que Gygès seul, semble-t-il, aurait pu, grâce à son talisman d’invisibilité, écrire un pareil livre.