Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/340

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retrouver son mari et de lui demander si elle pourrait lui être utile à quelque chose. Il lui semblait que toute sa tristesse du matin allait s’évanouir, si elle pouvait voir son mari heureux de sa présence.

Mais, lorsqu’elle fut en haut du sombre escalier de chêne, elle vit Célia qui montait, et, plus bas, M. Brooke échangeant des compliments et des paroles de bienvenue avec M. Casaubon.

— Dodo ! dit Célia de son petit ton de staccato tranquille ; puis elle embrassa sa sœur qui l’entoura de ses bras sans rien dire. Je crois bien qu’elles pleuraient un peu toutes deux furtivement, tandis que Dorothée descendait en courant l’escalier pour aller embrasser son oncle.

— Je n’ai pas besoin de demander comment vous allez, ma chère, dit M. Brooke après l’avoir baisée sur le front. Rome vous a réussi, à ce que je vois, bonheur, fresques, antiquités, etc. Eh bien, c’est charmant de vous voir de retour, et vous comprenez toutes les choses de l’art, maintenant, eh ? Mais Casaubon est un peu pâle, vous savez. C’est aller un peu trop loin aussi que de travailler si durement pendant ses vacances. Je l’ai fait moi-même à une époque de ma vie.

M. Brooke tenait encore la main de Dorothée, mais il s’adressait à M. Casaubon

— C’était à propos de topographie, de ruines, de temples… je croyais avoir découvert un fil nouveau, mais j’ai vu qu’après tout, cela ne mènerait à rien. Allez aussi loin que vous voudrez dans ce genre de choses, et il se peut que cela n’aboutisse à rien, vous savez.

Dorothée cependant regardait fixement son mari, anxieuse à l’idée que ceux qui le revoyaient, après une absence, découvraient peut-être en lui des signes dont elle ne s’était pas aperçue elle-même.

— Ce n’est rien qui doive vous alarmer, ma chère, dit