Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/364

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à mistress Plymdale laissa échapper qu’elle ne pouvait pas rester plus longtemps, parce qu’elle allait voir la pauvre Rosemonde.

— Pourquoi dites-vous pauvre Rosemonde ? interrogea mistress Plymdale, petite femme dégourdie, aux yeux ronds, ressemblant à un faucon apprivoisé.

— Elle est si jolie, et elle a été élevée avec tant de légèreté. Sa mère, vous le savez, y a toujours apporté cette insouciance qui me fait si peur pour les enfants.

— Eh bien, Henriette, si j’ai mon opinion à donner, dit mistress Plymdale énergiquement, tout le monde aurait cru, je dois l’avouer, que vous et Bulstrode seriez enchantés de ce qui est arrivé, car vous avez tout fait pour mettre M. Lydgate en avant.

— Que voulez-vous dire, Célina ? fit mistress Bulstrode avec une naïve surprise.

— Rien ; mais, pour ce qui regarde Ned, je dois au ciel une sincère reconnaissance. Il serait certainement plus en état que bien d’autres d’entretenir une telle femme ; mais ce que je lui souhaite, c’est d’en chercher une ailleurs. Une mère n’en a pas moins toujours des inquiétudes. Du reste, si j’étais obligée de parler, je vous dirais que je n’ai jamais aimé voir arriver des étrangers dans une ville.

— Ce n’est pas mon avis, Célina ; M. Bulstrode aussi était un étranger. Abraham et Moïse étaient des étrangers dans la terre promise, et on nous enseigne à prendre soin des étrangers. Et surtout, ajouta mistress Bulstrode, après une courte pause, lorsqu’ils sont irréprochables.

— Je ne parlais pas au sens religieux, Henriette ; je parlais en mère.

— Célina, vous ne m’avez certainement jamais rien entendu dire contre le mariage d’une de mes nièces avec votre fils.

— Oh ! c’est la vanité qui fait agir miss Vincy, je suis