Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/387

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une certaine satisfaction pour un gentleman… Et M. Trumbull prononça ces paroles bien senties comme donnant là un précieux avis… Il y a une certaine satisfaction pour un gentleman à présenter un pareil jambon sur sa table.

M. Trumbull avait ces allures et cette franchise de gestes qui distinguent les races prédominantes du Nord.

Vous avez là un ouvrage intéressant, à ce que je vois, miss Garth, dit-il, quand Mary fut rentrée. C’est par l’auteur de Wawerley, c’est-à-dire par sir Walter Scott. J’ai moi-même acheté un de ses ouvrages, une publication tout à fait remarquable intitulée Ivanhoë. Nous n’aurons pas de longtemps, je crois, d’écrivains qui l’emportent sur lui, il ne sera pas de sitôt surpassé, à mon avis. Je lisais justement un passage au commencement d’Anne de Ieersteen cela débute bien. — Avec M. Borthrop Trumbull, dans sa vie privée comme dans ses affiches, les choses ne commentaient jamais, elles « débutaient ». — Vous aimez la lecture, à ce que je vois. Êtes-vous abonnée à notre bibliothèque de Middlemarch ?

— Non, dit Mary. C’est M. Fred Vincy qui m’a apporté ce livre.

— Je suis moi-même grand amateur de livres, reprit M. Trumbull, je n’ai pas moins de deux cents volumes reliés et je me flatte qu’ils sont tous bien choisis. J’ai aussi des tableaux de Murillo, de Rubens, Teniers, Titien, Van Dyck et autres. Je serais heureux de vous prêter tel ouvrage qu’il vous plaira de m’indiquer, miss Garth.

— Je vous suis très obligée, dit Mary sortant à la hâte, mais j’ai bien peu de temps pour lire.

— Je serais tenté de croire que mon frère a fait quelque chose pour elle dans son testament, murmura Salomon en tournant la tête du côté où Mary venait de disparaître.

— Sa première femme était cependant un maigre parti, objecta mistress Waule. Elle ne lui a rien apporté, et cette