Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


le livre de Loudon et j’en ai pris ce qui m’a paru le mieux. Quel bonheur de pouvoir en faire l’essai près d’ici et de mettre à bas ces misérables huttes, de vraies étables à porcs, qui sont à la porte du parc comme Lazare à la porte du mauvais riche !

Dorothée avait repris toute sa bonne humeur. Sir James, devenu son beau-frère, bâtissant dans son domaine des chaumières modèles, en bâtir peut-être d’autres ensuite à Lowick sur le même plan, que peu à peu on imiterait au dehors… ce serait comme si l’esprit d’Oberlin venait planer au-dessus de ces paroisses pour embellir la vie du pauvre.

Sir James examina tous les plans et en prit un pour le discuter avec Lovegood. Il emporta aussi l’impression agréable qu’il faisait de grands progrès dans la bonne opinion de miss Brooke. Le petit chien maltais ne fut pas offert à Célia, ce que Dorothée remarqua plus tard avec un peu d’étonnement, se le reprochant à vrai dire ; c’était elle qui avait accaparé sir James.

Célia était présente pendant qu’ils s’entretenaient ensemble et elle vit bien les illusions que se faisait le baronnet.

Il s’imagine que Dodo s’intéresse à lui et elle ne s’intéresse qu’à ses plans. Je ne suis pourtant pas sûre qu’elle le refuserait si elle pensait avoir avec lui la possibilité de tout diriger et de mettre à exécution toutes ses idées. Comme ce serait gênant et désagréable pour sir James ! Je ne puis souffrir les chimères !

Célia n’avait pas confessé ouvertement à sa sœur sa répugnance pour ces sujets. À quoi bon s’entendre dire qu’elle était toujours opposée au bon et à l’utile ? Mais, quand l’occasion était propice, elle avait une manière détournée de faire agir sur Dorothée sa sagesse négative et de la faire descendre de son ton dogmatique en lui rappelant