Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/502

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de lui un beau gentleman et je crois que c’est aussi son désir. Ils nous considèrent tous comme au-dessous d’eux ; et si la proposition venait de vous, mistress Vincy ne manquerait pas de dire que nous avons des vues sur Fred pour Mary.

— La vie est une triste, chose si elle doit se régler sur d’aussi pauvres considérations.

— Oui, mais il y a un certain orgueil qui est nécessaire, Caleb.

— J’appelle cela un orgueil déplacé, de permettre que les idées des imbéciles vous empêchent de faire une bonne action. Il y a un genre de travail, dit Caleb avec ferveur en étendant la main et en l’agitant de haut en bas pour marquer son énergie, qui ne pourrait jamais être bien accompli si on tenait compte de ce que disent les sots. Il faut que nous ayons en nous la conviction que notre plan est bon, et c’est ce plan que nous devons suivre.

— Je ne prétends m’opposer à aucun de vos plans, Caleb, dit mistress Garth qui était une femme de volonté, mais qui savait que sur certains points son doux mari était encore plus ferme. Cependant il semble décidé que Fred va retourner au collège. Ne sera-t-il pas mieux d’attendre un peu et de voir ce qu’il voudra faire après. Il n’est pas facile de retenir les gens contre leur volonté. Et vous n’êtes pas encore tout à fait assez sûr de votre situation ou de ce dont vous pourrez avoir besoin.

— Eh bien, il vaut peut-être mieux en effet attendre un peu. Mais quant à avoir assez de travail pour deux, j’en suis presque sûr. J’ai toujours eu un tas de choses de tout genre, sur les bras, sans compter qu’il y a toujours quelque chose de nouveau qui se présente. Ainsi, pas plus tard qu’hier… Dieu me pardonne ! Je crois que je ne vous l’ai pas dit !… N’était ce pas étrange que deux hommes m’aient fait appeler de différents côtés pour faire la même évalua-