Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/72

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châle et se levant, je vais aller tout droit communiquer la nouvelle à sir James. Sa mère doit être chez lui maintenant et il faut que j’y passe pour la voir. Votre oncle ne le lui dirait jamais. Nous voilà tous désappointés, ma chère. Les jeunes gens devraient penser à leur famille en se mariant. Pour ma part, j’ai donné un mauvais exemple. J’ai épousé un pauvre pasteur et j’ai fait de moi un objet de pitié pour tous les de Bracy ; obligée de faire de la diplomatie pour avoir du charbon, et de demander à Dieu de l’huile pour ma salade. Mais Casaubon a une assez belle fortune ; il faut lui rendre cette justice. Quant à sa famille, je suppose qu’elle a pour armoiries trois mollusques avec une devise rampante. À propos, avant de m’en aller, ma chère, j’aimerais bien à parler pâtisserie avec votre mistress Carter et lui envoyer ma jeune cuisinière pour qu’elle lui apprenne à la faire. De pauvres gens comme nous, avec quatre enfants, ne peuvent avoir la prétention de garder une fameuse cuisinière. Je suis sûre que mistress Carter me rendra ce service. La cuisinière de sir James est un véritable dragon.

En moins d’une heure, mistress Cadwallader avait circonvenu mistress Carter et arrivait à Freshitt-Hall, peu éloigné de son presbytère, son mari habitant Freshitt et ayant un vicaire à Tipton.

Sir James, de retour de son petit voyage, venait de changer d’habits, et se disposait à partir pour Tipton-Grange. Son cheval attendait devant la porte lorsque la voiture de mistress Cadwallader s’y arrêta, et il parut aussitôt lui-même, la cravache à la main. Lady Chettam n’était pas encore revenue, mais la communication de mistress Cadwallader ne pouvant se faire en présence des grooms, elle demanda à entrer dans la serre voisine sous prétexte de voir de nouvelles plantes.

Après une pause raisonnable :