Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/83

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danse, laquelle n’a rien d’agréable pour qui a passé l’adolescence. Quant aux genres plus nobles de la musique, dignes d’accompagner des cérémonies solennelles ou même d’agir sur l’âme et de l’élever, comme dans l’ancienne conception de cet art, je n’ai rien à en dire ; car ils ne nous concernent pas immédiatement.

— Non ; mais j’aimerais cette musique-là, dit Dorothée. En revenant de Lausanne, mon oncle nous a menées entendre les grandes orgues de Fribourg, et j’y ai sangloté.

— Cela n’est pas sain, ma chère, dit M. Brooke. À présent qu’elle va être entre vos mains, Casaubon, il faudra lui enseigner à prendre les choses plus tranquillement ; eh ! Dorothée ? — Et il acheva sa phrase par un sourire, ne voulant pas froisser sa nièce. Après tout, ne valait-il pas mieux pour elle qu’elle fût mariée de bonne heure à un personnage aussi rassis que Casaubon, puisqu’elle ne voulait pas entendre parler de Chettam.

— C’est étrange, pourtant, se disait-il en s’esquivant de la chambre, c’est étrange qu’elle l’ait aimé ! Mais c’est un bon mariage, et, quoi qu’en dise mistress Cadwallader, c’eût été agir contre mes propres intérêts que de m’y opposer. Il est presque certain qu’il deviendra évêque, ce Casaubon. Sa brochure sur la question catholique est venue fort à propos ; tout au moins il sera nommé doyen ; on le lui doit.



CHAPITRE VIII


Après avoir surmonté la peine et le dépit de voir Dorothée engagée à un autre, sir James Chettam s’étonna du plaisir qu’il trouvait encore à ses visites à la Grange. Sans doute la première fois qu’il en approcha, il lui sembla