Page:Emile Souvestre - Le Journaliste - Tome 1 - Charpentier 1839.djvu/110

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manda celui-ci en frappant sur l’épaule du jeune peintre.

— Non, le jour m’a manqué et cependant l’éditeur doit faire reprendre la pierre demain.

— Tu es donc obligé de livrer ton travail à heure fixe ?

— A peu près.

Leblanc baussa les épaules.

— Voilà où nous en sommes venus! s’écria-t-il ; les artistes sont maintenant les esclaves de ces gueux de brocanteurs. Tu t’es trompé d’époque en venant au monde, mon pauvre garçon ; il fallait naître quand il y avait encore des croyances, quand l’art était compris et, au lieu de te trouver ici, en blouse de toile, dans une chambre de dix pieds, travaillant au pouce carré pour des entrepreneurs, tu serais en pourpoint de soie, l’escarcelle bien garnie, et occupé à