Page:Encyclopédie méthodique - Beaux-Arts, T02.djvu/327

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


s c tr

tfoifièrne pérîocle de l’art & un troîfième ftyle chez les E’ruTques , ce lefoit celui d’un temps où ils n’eurent plus qu’un ftj’le d’imitarion, & où leur ftyle adop é ne leur appartenoit plus , puifque ce n’étoit qu’iin emprunt qu’ils avoierit fait aux Grecs. En cherchant à traiter de l’afc des Etrufques à cette époque , qui peut être n’exifta pas , on rifqueroit de leur attribuer des ouvrages grecs, & d’ailleurs ce peuple doit ceffer de nous occuper, dès qu’il cefTa d’être lui-même.

Sculpture che les Grecs. L’hiflroire nous apprend que les Grecs écoient un peuple bien récent , ou , ce qui revient au même, bien récemment policé , en comparaifun des Egyptiens, des Chaldéens & des na :ions de l’Inde. Le récit des Jiiftoriens efî : prouvé par des monufiiens qui exiftoient encore au temps de Paufanias , & qui apprenoient qu’il fut un temps où les Grecs n’avoient pas même l’indufirie que l’on trouve chez la plupart des Sauvages, celle de tailler groffiérement , ou d’indiquer par des traits imparfairs une figure liumaine. En effet , s’ils avoient eu cette indullr : e , ils l’auroient employée , comme les Sauvages , pour reprélenter les objets de ieur culte, & ils n’eurent d’aurre reflburce que de les défigoer par des pierres & des poteaux. Paufanias vit à Phérés, ville d’Arcadie, trente divinités défignées par des blocs informes, ou par des p’erres cubiques , anciens monumens de la première ignorance des Grecs II y eut un temps eu le terrible & : majeflueux Jupiter, Fadive Diane, la fière lanon , l’aimable Vénus, les Grâces & l’Amour lu ; même furent repréiéntés par dés pierre ou de^ efpèces de colonne ;. Deux po’.eaux parallèles, joints f aides perches tranlVeri’ales , repreîénteient chez les Lacédémoniens les deux frères Caflor & ; Pollux, & la tendreiTe de leur union. Mais longterap ; avant l’époque où les Grecs fortirent de ce’te première igni_ :rance , les Egyptiens aboient de< : pyramides, des obélifques , des édifices fomp’ueux. Les Hcbreux qui , comm.e nous L’avons déjà rapporté , avoient déjà des idoles, S^’j par Cfrflfequent , pratiquoient déjà la fculpture des le tempv du patriarche Jacob , fe perfectionnèrent par- leur commerce avec les Egyptiens. Ce qu’on ne peut nier, c’efl : qxi’iU a/oieni dans leur, langue des mots pour e-xp.imer des figures fculptces & jettées en fon^e, dans un teuip- où ’e-Grecs ne favoient défigner que par dei pierres informes les objets de ^leur vénéracion. Ce qu’on ne peut non olusnier, c’eft q.ie l’ufage .des chofes -précède toujo-irs l’invention des mots qui fervent à les dcfigner.

Enfin, après une long e l’ufte de tem-,^> , nous voyons les Grecs s’élever au premier S C U ^17

eiïaî de l’art naiflant , & placer d’aLord des pierres rondes, & enfuite des pierres groffié. rement façonnées en manière de têtes , iur les cubes •& les colonnes^ qui avoient été les premières repréfentations de leurs Dieux. Tel étoit un Jupiter que Paufanias vit à Tégée en Arcadie. Ces fortes de repréfentations fe nommèrent des Hermès. Ce n’eft pas que toutes repréfentaffent Hermès ou Mercure ; mais c’efl que le- mot herma lignifioit une greffe pierre : c’oft le nom qu’Homère donne aux pierres qui’ fervoient à retenir les vaifleaux fur le rivage. Comme ces premières têtes étoient trop mal travaillées pour qu’on pût diftinguer fi elles appartenoient à des hommes ou à des femmes on s’avifa , dans la fuite , d’indiquer le caraflère du fexe vers le milieu de la pierre qui repréfentoit le corps de la ffatue, A" une autre époque on imagina d’indiquer la réparation des cuiffes par une inciiion. Ce nouveau progrès, dont on fait honneur à Dédale, fuc regardé comme prodigieux par un peuple ’deftiné à devenir un jour , pour les arts qui dépendent du delTin, le maître & le modèle de * tous les peuples de l’Europe.

Si les Grecs entrèrent plus tard que d’autres peuples dans la carrière des arts, ils furent en les devançant, faire fervir ce defavantagè a leur gloire. L’origine desarrschez les Egyptiens fe perd dans la nuit des temps ; mais comme nous l’avons dit, ils trouvoient dans leurs loix un obUacle à leur perfeflion & au lieu d’être excités par l’émulation à faire des progrès, ils en écoient détournés par la crainte des peines. Mais dès que les Grecs eurent fait les premiets pas, les encourao-emens, les réeompenfes . lagloire les excitèrent à en faire de nouveaux, <& au moment où ils s’arrêrèrent enfin, s’il leur reftoit quelques découvertes à faire, ce n’étoit du moins que dan.s quelques parties inférieures de l’art, qui nuilént (buvent à l’étude des parties capitales. C’elf donc chez eux qu’il faut étudier l’hifîoire de l’art : c’eft chez eux qu’on le voit naître & faire des progrès fuccellifs, conformes à la insrche de la nature qui n’opère jamais brufquemînt.

Nous venons de les voir féparer les jambes des figures, & s’approcher de l’époque où ils fauront taire ce qu’on peut appeller des flatues : mai, le., p’-eni^cres ql.’ils firent, au lieu de m.>ntrer les contours purs & coulans de la nature, n’j furent qu’imparfaitement équarries, & à - cet e époque, l’art naiflant des Grecs reflemb^oit à ce que refta celui des Egyptiens, i-ts yeux appla il & allongés fembloient cligiio-an-. . car c’eft ainfi , comm.e le penfe du moin Wir.cke.mann, qu’j^l faut entendre le paflagc de Diodore de Sicile, qui concerne Dédale, au lieu qii’enfiiiyant l’interprétation àç^