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ARG ARR 431


doivent être brunies. Le même article vous instruira de l’opération du brunissage.

5.° Quand ces parties seront sèches, vous prendrez de la colle dans laquelle vous mettrez de l’argent moulu & vous en passerez sur tous les endroits que vous voulez qui soient mais, & dans les profondeurs où l’argent en feuilles n’aura pu pénétrer.

6.° Quand cette opération est terminée, on peut sur-le-champ de l’ouvrage argenté faire en ouvrage doré. Il suffit de donner une couche légère de colle à matter dans laquelle on aura détrempé un peu de vermeil, & quand cette couche sera sèche, de passer dessus un beau vernis à l’or.

Comme l’argenture se gâte au mauvais air, il faut, pour la conserver, y passer un vernis à l’esprit-de-vin. (Extrait de l’art du peintre, doreur, vernisseur, par M. Watin.)

ARGILLE. (subst. fém.) Terre pesante, compacte, onctueuse, ductile, facile à se pétrir sous les doigts, & acquérant au feu beaucoup de dureté. Comme elle se prête à toutes les formes par sa ductilité, & qu’elle les conserve par sa compacité & son onctuosité, elle a été choisie par les sculpteurs, comme l’une des substances les plus convenables à faire leurs modèles.

ARRANGEMENT des couleurs sur la palette. On arrange par degrés les couleurs sur le bord supérieur de la palette ; l’usage est de mettre les couleurs les plus claires du côté où se trouvent placés les doigts, & l’on en fait autant de petits tas séparés les uns des autres. Les couleurs étant ainsi rangées par ordre, on prend la palette de la main gauche, & on passe le pouce dans le trou qui est pratiqué en bas. On tient de la même main les pinceaux dont on doit faire usage & qui forment dans la main un faisceau. Si l’on fait usage d’un appuie-main, c’est encore avec le petit doigt de la même main qu’il faut le tenir, & elle est encore chargée d’un linge que son usage fait nommer torche pinceau, & même encore du couteau qui sert au besoin à mêler les couleurs.

Dans la peinture à l’huile, on se sert ordinairement de huit couleurs principales : c’est du mêlange de ces couleurs que les autres dérivent & se composent. Voici leurs noms, dans l’ordre suivant lequel on a coutume de les ranger sur la palette :

1.° Le blanc de plomb.

2.° L’ochre jaune.

3.° Le brun-rouge.

4.° La laque.

5.° Le stil de grain.

6.° La terre verte. 7.° La terre d’ombre.

8.° Le noir d’os ou d’ivoire.

A ces couleurs les peintres en ajoutent quelquefois d’autres. On n’a point parlé de l’outremer, dont le haut prix ne doit pas empêcher de faire usage, quand on est curieux de faire des tableaux que l’on veut qui conservent leur beauté.

Les couleurs que nous avons nommées se trouvent toutes broyées dans les boutiques ; &, pour les conserver long-temps & proprement, on les enferme dans des morceaux de vessies de porc, qu’on rend maniables & flexibles en les frottant avec un peu d’eau : on en fait de petits paquets qu’on lie avec de la ficelle. Pour faire usage de la couleur qu’elles contiennent, on y fait un petit trou avec une grosse épingle, on en fait sortir à-peu-près la quantité que l’on veut employer, & que l’on met sur la palette. Ce trou ne fait aucun tort à la couleur qui reste dans la vessie, parce que le peu de couleur qui en remplit l’ouverture se sèche bientôt & la referme exactement.

Les autres couleurs se vendent en poudre, & le peintre les détrempe lui-même avec un peu d’huile en les mettant sur la palette. Il se sert du couteau à couleur pour cet usage, & ne charge sa palette de ces couleurs que lorsquil veut s’en servir. La principale est l’outremer ; les autres sont la cendre bleue d’Allemagne, le vermillon, le massicot, le noir de charbon, & plusieurs autres encore qui ne sont pas d’une grande nécessité, & que l’usage fera connoître. On en trouvera les noms suivant leur ordre alphabétique.(Elémens de peinture pratique.)

ARRACHER. (v. act.) Les graveurs au burin se servent quelquefois de ce verbe pour exprimer qu’il faut enlever de dessus le cuivre certaines parties déjà gravées & qu’ils veulent corriger.

ARRÊTE. (subst. fém.) La vive arrête du burin est son tranchant.

ASSIETTE. (subst. fém.) Composition qu’on étend sur ce que l’on veut argenter ou dorer. C’est sur cette composition que doivent être assises les feuilles d’or ou d’argent. Voyez l’article DORURE.

ATTELIER. (subst. masc.) Lieu où travaille l’artiste. On peut voir aux planches du dessin, des différentes sortes de peinture, de la sculpture, de la gravure, la représentation des atteliers qu’exigent ces arts différens, & des différens ustensiles dont ils doivent être meublés.