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les petites pierres qui y sont quelquefois mêlées. (Le Baron d’Holbac, dans l’ancienne Encyclopédie.)

Bleu de Prusse, est une matière utile pour la peinture On l’appelle bleu de Prusse, parce que c’est en Prusse que sa composition a été trouvée. Voyez, le premier volume de Miscellanea Berolinensia, 1710. Les Transactions Philosophiques en ont publié la composition dans les mois de Janvier & Février 1724. Depuis, M. Geoffroy, de la Faculté de Medecine de l’Académie des Sciences de Paris, en a donné la préparation dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de 1725.

La préparation du bleu de Prusse est une suite de plusieurs procédés difficiles. On a plusieurs raisons de croire que ce bleu vient du fer. On fait que les dissolutions de fer prennent dans l’eau une couleur bleue par la noix de galle. L’acier bien poli & échauffe à un feu modéré, prend une couleur bleue, & il paroît, par cette expérience, que cette couleur vient d’une substance grasse que le fer éléve à la surface du fer. On fait qu’il y a dans le fer une matiere bitumineuse, qui n’est pas parfaitement unie avec les autres principes, ou qui y est en trop grande quantité.

C’est ce bitume qui doit être la base du bleu que l’un veut faire : mais il est trop compacte ; il faut le subtiliser, or les alkalis sont les dissolvans naturels des bitumes.

Il y a apparence qu’on a essayé, pour faire le bleu de Prusse, plusieurs huiles végétales, & que ç’a été sans succès. On a aussi éprouvé les huiles animales ; & le sang de bœuf calciné & réduit en poudre, a rempli l’attente : pour l’alkali, on a employé le plus puissant, qui est celui du tartre.

Le bitume du fer est attaché à une terre métallique jaune ; cette terre altéroit la couleur bleue du bitume, quelque raréfié qu’il fût. On le transporte de dessus la terre jaune sur une terre blanche, qui est celle de l’alun, & alors la couleurbleue non-seulement n’est plus altérée par le fond qui la soutient ; mais de sombre & trop foncée qu’elle étoit, elle devient plus claire & plus vive.

Il faut observer que ce bitume qu’on veut avoir, on ne le cherche pas dans le fer en substance, mais dans du vitriol, où le fer est déja très-divisé.

Il y a donc trois liqueurs nécessaires pour faire le bleu de Prusse : une lessive de sang de bœuf calciné avec le sel alkali ; une dissolution de vitriol, & une dissolution d’alun.

De toutes ces opérations, il résulte une espéce de fécule d’une couleur de verd de montagne, & qui, par l’esprit de sel, devient dans l’instant d’une belle couleur bleue foncée ; & c’est-là le


bleu de Prusse. (M. Formey, Sécretaire de l’Académie de Berlin, dans l’ancienne Encyclopédie.)

M. Formey, dans l’article qu’on vient de lire, nous apprend les causes du bleu de Prusse, plutôt que la maniere de le faire. Il indique les substances qui le composent, sans nous en indiquer les doses, & nous instruire de la manipulation qu’elles exigent. L’auteur du Traité de la Peinture au pastel nous instruit avec autant de clarté que de précision, de ce que le Sécretaire de l’Académie de Berlin nous laissoit ignorer.

On fait dessecher sur le feu du sang de bœuf, ou tout autre ; on le réduit en poudre, on en mêle cinq ou six onces dans un creuset, avec autant de sel de tartre, ou même de potasse. On couvre le creuset seulement pour qu’il ne se remplisse pas de cendre. On fait rougir sur le feu, par dégrés, la matiere qu’il contient. Lorsqu’elle cette de fumer, on la verse toute brulante dans deux ou trois pintes d’eau chaude. On fait bouillir le tout à peu près jusqu’à la diminution de moitié ; on filtre l’eau dans un autre vase au travers d’un linge ; on fait bouillir le marc resté sur le filtre dans de nouvelle eau qu’on réunit ensuite à la première. Cette liqueur est la lessive prussienne : elle ne contient que de l’alkali chargé de la matière colorante. Pour en composer le bleu de Prusse ordinaire, on fait dissoudre dans de l’eau bouillante deux onces de vitriol verd, & trois ou quatre onces d’alun. Cette dissolution, versée par intervalles sur la lessive encore chaude, produit de l’effervescence. On agite le mêlange, & l’on y verse le reste de la dissolution. Le fer contenu dans le vitriol, & la terre de l’alun, quittent leur acide, saisissent la matière colorante, & se précipitent avec elle en fécule verdâtre. On versé toute la composition sur un linge. Les sels dissous dans la liqueur, passent avec elle au travers de ce filtre ; on recueille dans un vase la fecule restée sur le linge, on la délaye avec deux ou trois onces d’acide marin. Ce précipité devient sur le champ d’un bleu plus ou moins profond, suivant la quantité de l’alun. Quelques heures après, il faut l’arroser de beaucoup d’eau tiéde pour la bien dessaler.

Bleu pour le lavis. Pour suppléer à l’outremer, qui est d’un très-grand prix, & qui d’ailleurs a trop de corps pour être employé dans les dessins au lavis, on recueille en été une grande quantité de fleurs de bleuets qui viennent dans les bleds : on en épluche bien les feuilles en ôtant ce qui n’est pas bleu, puis on met dans de l’eau tiéde de la poudre d’alun bien subtil. On verse de cette eau imprégnée d’alun dans un mortier de marbre, on y jette les fleurs, & avec un pilon de marbre ou de bois, on pile jusqu’à ce que tout soit réduit de manière qu’on puisse aisément en exprimer tout le suc, On passe ce suc