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On les lie au bout d’un manche de bois qu’on nomme ante, ou hampe, & dont la grosseur est proportionnée à celle de la brosse.

On fait aussi des brosses qui se terminent en pointe ; elles sont destinées à la peinture en détrempe ou à fresque.

Celles qu’on appelle brosses à adoucir sont de poil de bléreau. Comme ce poil est ferme, délié & un peu courbe, il arrive que la brosse étant faite, ils s’écartent un peu par le bout, en sorte que le bout dont on se sert, est plus large, & par conséquent plus doux que le milieu. Cotte douceur peut être augmentée par la longueur qu’on est maître de laisser aux poils. On peut se servir de ces sortes de brosse, en les passant légérement dans tors les sens sur l’ouvrage nouvellement peint à l’huile, pour abbattre les inégalités de la couleur, sans la traîner, la tourmenter, la changer de place. Comme cette brosse ne prend presque point de couleur par l’extrêmité de ses poils, on la nétoye sans la tremper dans l’huile, & en se contentant de la frotter légerement sur un linge.

Il y a de petites brosses qui se font avec un poil blanc qu’on appelle poil de poisson. Il est à peu près de la même nature que celui de bléreau, & il a encore plus de douceur. Ces brosses servent à noyer & adoucir toutes les teintes des couleurs à l’huile, & sont principalement d’usage dans la peinture en petit. On fait enfin des brosses avec d’autres poils, comme ceux des chiens ou d’autres animaux : elles ont toutes leur genre particulier d’utilité.


Maniere de faire les brosse. Pour faire les brosses, on choisit d’abord le poil le plus droit. Si c’est du poil de cochon, après en avoir coupé quelques petites barbes qui sont trop longues, on l’arrange dans une espèce de moule fait en cylindre on en cône, suivant qu’on veut faire les brosses plates ou pointues : on met par en bas la partie du poil effilée, & l’on prend bien garde que toutes les extrêmités du poil touchent le fond du moule. Ensuite on lie tout le paquet de poil â-peu-près de la longueur dont on veut faire la brosse, & l’ayant retiré du moule, on regarde s’il est bien arrangé : on le lie encore une fois plus proche des barbes, & l’on défait la première ligature.

Le poil étant ainsi arrêté en paquet, on fourre dans le milieu un manche ou bâton d’un bois assez tendre, comme de sapin ou de bois blanc, & plus menu que le paquet n’est gros. Ce manche doit être pointu par le bout, & taillé à quatre faces, avec quelques petites hoches. On doit prendre garde n’enfoncer le manche dans le poil qu’un


peu plus avant que le commencement de la ligature ; car s’il étoit enfoncé trop avant, la brosse ne seroit point assez garnie par le bas, & s’il ne l’étoie pas assez, le poil ne tiendroit pas sur le manche.

Pour lier le poil sur le manche, on commence par faire un nœud particulier à la ficelle dont on se sert. On tourne deux tours de ficelle autour du poil, & l’on en engage les deux bouts entre ces trous en les croisant. On serre ce nœud bien ferme, & sang qu’il soit besoin d’en faire un second, car’il ne sauroit se lâcher. On couche ensuite le long du poil le brin de la ficelle qui est engagé sous le second tour qui est vers le manche l’on tourne l’autre autour du poil tant qu’on le juge à propos, en serrant toujours, autant qu’il est possible, à chaque tour, & rangeant proprement les tours de la ficelle le plus près que l’on pourra les uns des autres. Avant que d’achever les trois derniers tours, on replie vers le bout de la brosse le brin qui étoit coulé le long du poil, & on lui fait faire une boucle. On continue de tortiller la ficelle par dessus ce brin relevé, jusqu’à l’endroit où l’on veut finir ; & l’on engage ce brin, après l’avoir coupé, dans la boucle formée par l’autre brin, tenant toujours le tour bien ferré. Enfin on tire le bout du brin qui est engagé & qui fait la boucle, en le faisant glisser entre le poil & les trois derniers tours de la ficelle qui sont passés par dessus, le brin nouvellement coupé le trouve engagé de façon qu’il ne peut plus se lâcher ni se défaire : à l’égard du brin de ficelle qui a fait la boucle, on le coupe au ras de la ficelle tortillée. Par ce moyen la brosse est bien liée, sans qu’aucun des bouts de la ficelle paroisse au dehors.

Les hoches ou entailles qu’on a faites au manche servent à y retenir le poil plus serré, principalement lorsque le bois est un peu tendre. Cependant si on se servoit des brosses en cet état, le poil échapperoit en fort peu de temps, parce que l’huile le seroit glisser. Ainsi lorsque la brosse est bien liée, un coupe le poil sur le manche un peu au-dessus du dernier tour de la ficelle, & l’on imbibe ce poil & toute la ficelle avec de bonne colle forte, bien chaude & médiocrement épaisse, Par ce moyen, le poil fait corps avec la ficelle & le bois du manche, sans que l’huile puisse l’en détacher, parce qu’elle ne pénetre pas la colle forte. Mais cette précaution ne suffiroit pas pour la peinture en détrempe ou à fresque ; car la brosse étant souvent dans l’eau, la colle se détremperoit, & si on faisoit sécher ces brosses, la ficelle se lâcheroit, le bois se resserreroit par l’excès de la sécheresse. Ainsi pour les brosses qui sont des-


Beaux-Arts. Tome II. K k k