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le mortier commençât à fe durcir. Dans Ips | grandes parties des fonds , il faut adoucir hir renduit encore affez frais, & l’artifte employé pour cette opération les uflenflles qui iont les plus à fon gré & que fon induftrie lui fuggere. Malgré loutes les précautions dont le peintre s’e

cou

fem

fl : muni pour travailler sûrement au premier

up-, quoiqu’il ait arrêté d’avance tout l’en- ..mble de l’a compolir^.on ; quoiqu’il fe foit rendu compte de TefFet & de la couleur par uiie efquiffe coloriée qu’il a fous les yeux ; quoique par des études foignées , & fouvent même répétées , il ait tâché d arrêter irrévocablement fon trait & Ces maffes fur les cartons, ; il arrive cependant que c|i :e !quefûis , l’ouvrage déjà avancé, certaines parties lui déplailént. Alors il n’a d’autre moyen de fe corriger, que de faire abattre l’enduit à l’endroit qu’il veut recommencer, & do faire couvrird’un enduit nouveau.

Queici. :efois des peintres, pour t’épargner cet enibarra-s & g’gne f^" temps, ent pris le parti de repeindre à fcc fur les pi-emierescou- ’i leurs : mai^ ilelt aife de fentirque ces nouvelles couleurs ne peuvent pUis s incorpcrer dans le mortier, & que ce travail fait aprè ;. coup n’efl qti’une véritable (’•-.rempe , qui ne durera pas autant q.ie z frjrue ., & qui n’eft pà= même pratiquable pour ies ouvrage^ cspofes à i’àir & ■a la pliiic. En Italie, on mê ;e aux couleuri^ pour donner plus de folidite à co :te diirsmpe , du Isit de figuier.

On retouche auffi^ //-"/^’z/f à <ec avec de- f faftels ; ik pour lè^aràes roi ges , avec dos crayons de fanguine : r^r ce m") en , il eft aile de pouffer l’ouvrage à l’effet le plus vigoureux. Au moment où on le découvre , le fpedaieur admire la force du coloris : le peintre reçoit les plus grands éloges, le fouvenir de ces éloges fe perpétue : mais , avec le temps , ces couleurs de paftel tombent en poulliere , & la poflérité qui ne voit plus qu’une peinture biafarde , eft étonnée du fiiccès qu’elle a pu obtenir dans fon origine ■ -c’efl : ce qui efb arrivé au plafond du yal-de-Crace , peint par Mign.ird. Ainfl toutes les retouches à fec ne font capables de procurer à l’aitifte qu’une gloire, fugitive s laque’le il furvivra peut-être ; ainfi ie ■genre de lifrefque exige dans celui qui le pratique une hardieffe , une fureté, une connoiffancedes effets qui lui peimet :e d’opérer, fans craindre de fe repentir le lendemain de ce ’qu’il a fait la veille : car il n’eft point de lendemain pour la peinture à frefque. Ce qu’il a cris pour la lâche de fa jourjiée doit être fait fans retour. •

Cette confiJéradon doit augmenter l’eftime , on peut nïême dire l’admiration qu’ont méritée ïes artifles qui fe font dilHngués en ce genre. ê’écoit ce genre le plus difficile de tous, dans F R E

lequel Mîcheî-Ange & Raphaël fe trouvolent le plus à leur aife. Des hommes célèbres .par leurs connoiffances de l’art ont prononcé que le deffin de Raphaël efi : encore plus pur & plus beau dans fes peinture^ à frefque que dans celles à l’huile.

Quant à la folidité de cette manière de peindre , elle efl prouvée par dos ouvrages faits du temps des anciens Romains, qui fe fon.t parfaitement confervés , quoiqite^ pendant une longue fuite do fiècles , ils foient reffés enfevelis fous la terre, & encombrés fous des monceaux d-e ruiners.

Il nous refle à parler des couleurs dont on fait ufage àfefque. On les employé comme à la dîiirempe , avec la différence que, dans cette dernière manière , elles font détrempées di’ns une eau mêlée de colle, au lieu qu’à la frefque on les détreinpe à l’eau pure. Cette forte de peinture n’admet pour coukurs que des terres naturelles. Elle rejette toutes les teintures & Tou ;es les couleijrs tirées des minéraux parce que le fel de la chaux le^ feroit chan,.>er. Il’ tant regarder comme des foiibns de ceite peinture iebianc de plomb, ia cerufe , la Saque, le vcrd-de-griî,-& même tous les verds qi.i ne ibiit pas de- terre, les orpins, le. noir d’ ; :■.-., le jauna do France tk celui de N^àples.

Elle vetit mêfâe tjiie’les ’tferres qu’elle employe’Ibien. d’une’Vi.ittije sèche, Oc elle prefe ;e> autan ; qu’il eil poffible , les maibres >k les pierres qui-, bien piiees , peuent Lite une efpece de mortier cc-loré.

On f .it à la frefque un grand ufage de hLnc chaux. Voytz l’article BiAtic. il fert pour les ca-nation^ , & fe mêle avec les autres cauîeurs pour faire les teintes. Il doit avoir affei de ccnfulance pour fe tenir fur la palette fans couler.

Le liane de coquilles tVœufs eff bon pour peindre à frais & peut fervir auffi à faire cleî paffels pour reioiicher à fec. Voyez à l’article £iANC la manière de le ccmpofer.

Blanc de marbre. Voyez l’article Bianc, On le luêîe quelquefois avec la mcii ié , les deux tiers ou les trois quarts de bianc de chaux. Il faut toujours employer la poudre de marbre avec beaucoup de dilcrétion , parce qu’elle ternit le blanc de chaux, ce qui arrive piiitôt ou plus tard" fuivant les difFé»-ens climats. On a obfervé que les couleurs sfefque changent : moins à Paris qu’en Languedoc & en Italie ; peurêtre parce que la chaleur efb moins grande à Paris , ou parce que la chauxy eff moins corrofive & par conféquent plus propre à cet ufage, -’Les terres d’Italie conviennent à . f efque. On s’y défie des fn.ij/tcots,’ Le jaune de NapUs peut aufli infpirer dé’ Ja défiance parce qu’il eft minéraiifé. Le P. Pozio dit l’a^^oir employé avec fucçès dans les lieux- fermés j mais il ne l’a point