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des choses indifférentes dont personne ne devoit être blessé. Ils se fondoient sor ce principe, que la nature n’étant point altérée chez les animaux, Thomme, par rapport aux actions qui lui sont communes avec eux, ne pouvoit errer en suivant leur exemple.,[ . Le sage d’Epicurerecherçhoit la volupté 6k fuyois la.douleur, parce que Tune étoit douleur èk l’autre Volupté. II devoit sur-tout rapporter les plaisirs à J’ame, parce que non-seulement elle partage avec le corps le plaisir présent, mais qu’elle jouit encore du plaisir futur par Patiente, èk du plaisir passé par le souvenir. La secte cyrénaïque empoisonna ce que la morale d’Epicure pouvoit avoir de raisonnable : èk, suivie par les hegésiaqnes, les annicériens èk les théodoriens, qui en sont comme trois branches séparées, ils avancèrent que le seul bien de Thomme est le plaisir des _sens, ou même Tassemblage de routes les voluptés. Le sage d’Hégésias fait tout pour lui seul, parce qu’il ne doit rien à lâ société ni aux membres qui la composent. Le sage d’Anicéris se prête à certains devoirs faciles. Le sage dé Théodore se permet tous les crimes que Ton peut commettre avec impunité. Ce philosophe n’admettoit aucune divinité. Quelques autres sectes disputoient aussi sur le souverain bien. Telles étoient la secte mégáride, sondée par Euclide, èk la secte érétriaque, fondée par Ménédème. Ils prétendoient, le premier, que le bien capable de rendre heureux étoit toujours unique, toujours assuré ; le second, qu’il étoit dans cette partie de l’esprit qui a la vérité pour objet. Les académiciens $ qui avoient embrassé la dialectique, n’étoient pas plus d’accord entre eux sur lá manière de raisonner. Peut-on connoître la vérité ? derrrandoit-on ; ou ne le peut-on pas ? Et, supposé qu’elle pût être connue, Test-elle en effet ? Les péripatéticiens èk les stoïciens répondoient sans balancer : ori peut la connoître^ èk nous la connoissons. Les nouveaux académiciens demandoient comment on pouvoit la Connoître, puisqu’il n’y a nulle proportion entre Tesprit hum„in & la vérité. Quant à nous, nous la cherchons, disoient - ils, avec les sceptiques èk les dogmatiques. Les questions èk les réponses, les difficultés èk les solutions se multiplioient de jour en jour entre .eux au sujet des moyens de connoître la vérité. - Les pyrrhoniens intervinrent au milieu.de ces disputes, èk firent observer aux dogmatiques qu’ils auroient dû commencer par une observation pré- liminaire : c’est qu’il n’y a rien de vrai ni de faux, de juste ni d’injuste en foi ; mais que tout devient îel, selon qu’il plaît à la lòî ou à Tissage.

Les sceptiques disoient qu’ils doutoient toujours ; parce qu’ils cherchoient sans rien trouver. Quelque court que soit Texposc précédent, il semble encore assez détaillé pour mettre en droit de conclure çu’il n’y a point d’absurdité qui n ait été avancée èk soutenue par quelques philosophes, ni d’égarement-dont la raison livrée à elle-même ne soit capable. Les philosophes anciens n’erroient pas moins en physique èk en astronomie, qu’en logique èk en morale. Cependant on trouve dans leurs opinions le germe de plusieurs découvertes, èk les élémens de plusieurs systèmes qui sont aujourd’hui les seuls reçus parmi les modernes. Près de cinq cens ans avant J. C. Empédocle (î) disoit que Tunivers connu, ou, comme il Tappeloit, le cosmos, avoit été mis dans l’état d’arrangement où nous le voyons par Taction opposée des deiix forces en équilibre. II appeloit Tune l’Amour, èk désignoit ainsi une loi, une force qui porte les parties de la matière à s’unir les unes aux autres : n’est-ce pas la force d’attraction ? II nommoit l’autre force la Discorde ; c’étoit celle qui éloignoit ces parties, leur donnoit le mouvement de translation ; n’est-ce pas, dit M. Fréret, à-peu-près comme Newton Ta supposé, en expliquant les propriétés de L’éther èk la transmission de la lumière ? ’ Sans entrer dans la comparaison de toutes les hypothèses des anciens avec les opinions nouvelles, on peut juger de ce qu’ils ont pensé de mieux en ce genre par Texposition de leurs systèmes astronomiques ; il y en a trois auxquels ils se sont particulièrement arrêtés. Dans le premier, la terre est placée au centre du monde, mobile sur son axe ; elle fait en vingtquatre heures une révolution complète d’occident en prient. A diverses distances de la terre sont les planètes, qui font, comme elle, leur révolution propre d’occident en orient, mais dans des temps inégaux, d’autant plus longs qu’elles sont plus éloignées de la terre (2,), leur centre commun. A la fin de chaque révolution diurne, les planètes, qui ìí’ont fait qu’une partie de leur révolution propre, se trouvent à une certaine distancé, vers Torient, du heu où nous les avions vues d’abord, èk nous jugeons qu’elles ont reculé d’une certaine quantité vers Torient dans ùn sens contraire au mouvement général apparent. Les observations devenues plus exactes, montrèrent que Vénus èk Mercure • se trouvoient tantôt au-delà èk tantôt en-deçà. Quelquefois Vénus étoit plus éloignée de nous que Mercure ; d’autres sois elle étoit entre cette planète èk nous • après plusieurs hypothèses pour rendre (^.P «oitd’Agrigente enSicile, & écrivit en vers sur la philosophie (2) Képler a trouvé ce rapport. Voyez ses ouvrages, & un autre intitulé cosmographie élémentaire, première partie. Chez Barrois le jeune.