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MARQUET.

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ni l’irréligion. Il parait certain que ce nom de Marot n’était qu’un surnom, etqu’il s’appelait Jean Desmarets. Ses poésies ont été goûtées de son temps. Ses ouvrages en vers sont la Description des deux voyages de Louis XII à Gènes et à Venise ; le Doctrinal des princesses et nobles dames, en vingt-quatre rondeaux ; Epitres des dames de Paris au roi François

autre Epitre des dames de Paris aux courtisans de France étant en Italie ; Chant royal de la Conception de Notre-Dame ; cinquante Rondeaux, etc. ; la Noblesse, l’Eglise et le Labour, poème où les trois ordres plaident la cause de François Ier qui avait excité du mécontentement à la suite de nouveaux impôts. Ces ouvrages ont été imprimés à Paris en 1723, in-8o.

MAROT (Clément) fils du précédent, naquit à Cahors en Quercil’an 1495.11 fut, comme son père, valet de Chambre de Francois 1er, et page de Marguerite de France, femme du duc

d’Alençon.

Il suivit ce prince en 152) fut blessé et fait prisonnier a la bataille de Pavie. Clément Marot s’appliqua avec ardeur à la poésie, et s’y rendit supérieur à son père. De retour à Paris, il fut accusé d’hérésie et mis en prison son irréligion et son étourderie lui méritèrent ce châtiment. Il fut obligé de comparaître devant le lieutenant-criminel. On lui entendit reprocher ses écrits licencieux, et les histoires les plus scandaleuses de sa vie. Tout ce qu’il obtint, après bien des sollicitations, fut d’être transféré des prisons obscures et malsaines du Chàtelet dans celles de Chartres. C’est là qu’il écrivit son Enfer, satire sanglante contre les gens de justice, et qu retoucha le Roman de la Rosé. 11ne sortit de prison qu’après la délivrance de François 1er, en 1K26. A peine fut-il libre qu’il reprit son ancienne vie. Une nouvelle intrigue avec la reine de Navarre, qu’il ne cacha pas davantage que la première, lui causa des chagrins non moins mérités. Toujours fougeux, toujours imprudent il s’avisa de tirer un criminel des mains des archers. 11fut mis en prison, obtint son élargissement, donna dans de nouveaux travers, et fut obligé de s enfuir à Genève. On prétend que Marot corrompit dans cette ville la femme de son hôte et que la peine rigoureuse qu’il avait raison d’appréhender

fut commuée en celle du

fouet, à la recommandation de Calvin. De Genève il passa à Turin, où il mourut dans l’indigence en 1544. Ce poète avait beaucoup d’agrément et de fécondité dans l’imagination mais le goût qui devait la régler lui a manqué. On a de lui des Epîtres des Elégies, des Rondeaux des Ballades, des Sonnets, des Epigrammes. L’ouvrage de Marot qui fit le plus de bruit est sa Traduction en vers d’une partie des Psaumes, chantée à la cour de François 1", et censurée par la Sorbonne. Cette version est entièrement dénuée de cette sublimité ravissante et de cette poésie d’expression qui caractérisent l’original. Etait-il possible que Marot, donttout le mérite consistait dans l’art de plaisanter avec un tour épigrammatique, dans un style le plus souvent comique, trivial et bas rendit l’harmonie et la noble simplicité de l’hébreu ? Pour chanter des objets tels que ceux dont les Psaumes sont remplis, ou en parler dignement, il faut être pénétré de l’esprit qui a inspiré ces divins cantiques ; et cela est bien loin de 1 esprit de secte et de la manie de dogmatiser. De là le ton pédant et didactique, la sécheresse et l’ennuyeuse verbosité de presque tous les ouvrages de piété composés par des gens de parti. Le langage de Marot a tellement vieilli que ces Psaumes sont aujourd’hui inintelligibles nouvelle preuve de

la sagesse avec laquelle l’Eglise catholique emploie dans sa liturgie une langue immuable et universelle. MichelMarot,

son fils est aussi auteur de quelques vers. Les OEuvres des trois Marot ont été recueillies et imprimées ensemble à La Haye, en 1731 en 4 vol. in-4° et en 6 vol. in-12. marotte,

s. f. espèce de sceptre qui est surmonté d’une tète coiffée d’un capuchon bigarré de différentes couleurs et garni de grelots. Il devrait porter la marotte, c’est un extravagant. Marotte se dit figurément et familièrement de l’objet de quelque affection folle et déréglée.

MARQUANT, ANTE, adj. verbal, qui marque, qui se fait remarquer. On le dit des personnes et des choses. Cartes marquantes se dit, à l’impériale et à quelques autres jeux, des cartes qui valent des points à celui qui les a. marquard-freuer,

né à Augsbourg, en 1565, d’une fa-

mille féconde en personnes lettrées, étudia à Bourges, sous le célèbre Cujas, et se rendit habile dans les belles-lettres et le droit. De retour en Allemagne, il devint conseiller de l’électeur palatin et professeur de droit à Heidelberg. Il quitta sa chaire et fut employé par l’électeur Frédéric IV dans les affaires les plus délicates. Ce prince l’envoya, en qualité de ministre, en Pologne, à Mayence et dans plusieurs autres cours. Freher mourut à Heidelberg, en 1614, a 49 ans. On a de lui un grand nombre d’ouvrages. Les principaux sont 1° Origines palatinœ, in-fol., très savant ; 2° Deinquisitionis processu, ouvrage de jurisprudence dont la 5e édition a paru à Wittemberg, 1679, in-4» 3° De re monetaria veterum et hodierni apud Germanos imperii, if>95, in-4°, traité utile qu’on trouve dans le tome 11 des Antiquités romaines de Crévius ; 4° Rerum bohemicarum scriptores, 3 vol. in-fol., Francfort

et Hanôvre, le premier en 1600, le 2e en 1602, le 3e en 1611 ; cette collection, réimprimée en 1717, est utile et nécessaire pour l’histoire d’Allemagne

6° Corpus hisloriœ Franciœ,

in-fol.,

moins estimé, etc. Freher joignait à une vaste littérature beaucoup de goût pour la peinture antique et pour la science numismatique. Il est différent de Jean FREIIER,qui a écrit contre Francus.

MARQUE, s. f., empreinte, signe mis sur un objet pour le reconnaitre, pour le distinguer d’un autre. Droit de marque, droit qu’on perçoit sur certaines marchandises qui doivent être marquées. Marque se dit particulièrement de la flétrissure imprimée avec un fer chaud sur l’épaule d’une personne condamnée à cette peine. Marque se dit aussi de l’instrument avec lequel on fait une empreinte sur de la vaisselle, sur du drap, etc. Marque se dit en outre d’une espèce de chiffre secret dont les marchands se servent pour indiquer sur leurs marchandises le prix qu’elles leur ont coûté. 11 se dit encore d’une croix, d’un signe par lequel un homme qui ne sait point écrire supplée au défaut de signature. Marque signifie aussi la trace que laisse sur le corps une contusion, une blessure, une brûlure, etc. Marque signifie également la trace, l’impression qu’un corps laisse sur un autre, à l’endroit où il l’a touché, où il a passé. Marque se dit aussi d’une tache ou autre signe qu’une personne ou un animal apporte en naissant. Marque se dit quelquefois d’un titre de dignité. Marque se prend quelquefois dans le sens de distinction. Marque signifie aussi ce qu’on emploie pour se souvenir ou pour faire souvenir de quelque chose. Marque se prend, dans une acception générale, pour indice. Il signifie plus spécialement présage. 11signifie aussi témoignage, preuve. Famil., une

marque que j’ai fait cela, une preuve que j’ai fait cela. Lettre de marque, commission dont tout capitaine ou patron d’un navire armé en course doit être pourvu, sous peine d’être réputé pirate ou forban.

marquemont

(Denis-Simon de), cardinal, archevêque de Lyon, né à Paris, en 1572, fut nommé archevêque en 1612, et mourut à Rome, en 1626, à l’àge de 54 ans. 11 se rendit célèbre par ses diverses ambassades et par l’étendue de son zèle il avait établi une congrégation de docteurs qui s’assemblaient une fois la semaine, dans son palais, pour traiter des affaires concernant le diocèse dont il était chargé. Ce fut par son conseil que saint François de Sales mit en clôture les religieuses de la Visitation que ce dernier avait fondées. marquer, v. a., mettre une marque à une chose pour la distinguer d’une autre. Il signifie particulièrement imprimer avec un fer chaud un signe flétrissant sur l’épaule d’un condamné à cette peine. En France cette peine est abolie. Marquer signifie encore laisser des traces, des vestiges ; il se dit au sens moral dans cette dernière acception. Marquer signifie aussi mettre une marque pour se souvenir ou se faire souvenir. Marquer signifie également indiquer, donner lieu de connaître. Marquer signifie encore mander, indiquer, soit de bouche, soit par écrit. Marquer s’emploie neutralement dans plusieurs acceptions. Fam., cela marquerait trop, cela serait trop remarqué, et, dans un autre sens, cela décèlerait trop l’intention qu’il faut cacher. Cet homme ne marque point, il ne se fait pas remarquer. Papier marqué, parchemin marqué, papier, parchemin qui est marqué avec un timbre pour servir aux actes qui font foi en justice. Etre né marqué, avoir apporté en naissance quelque signe. Cheval marqué en tête, cheval qui a l’étoile ou la pelote au front. Fig., ouvrage marqué au bon coin, ouvrage bien fait. Fig., être marque sur le livre rouge, être noté pour quelque faute. Avoir les traits marqués, avoir les traits du visage prononcés. Marqué, au sens moral, signifie évident, remarquable. marquet

(François-Nicolas), né à Nancy, en 1687, pratiqua avec succès la médecine dans sa patrie, et s’occupa toute sa vie de la botanique. Les fruits de ses recherches sur cette science sont consignés dans trois volumes in-fol., forme d’Atlas, qui sont entre les mains de son gendre, M. Buchoz, qui les a fait passer en grande partie dans un ouvrage public à Paris, en 1762, intitulé Traité historique des plantes