Page:Erckmann-Chatrian - Histoire d’un conscrit de 1813.djvu/35

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III


Le lendemain, 18 décembre, je m’éveillai vers six heures du matin. Il faisait un froid terrible ; ma petite fenêtre était comme couverte d’un drap de givre.

J’avais eu soin, la veille, de déployer au dos d’une chaise mon habit bleu de ciel à queue de morue, mon pantalon, mon gilet en poil de chèvre, une chemise blanche et ma belle cravate de soie noire. Tout était prêt ; mes bas et mes souliers bien cirés se trouvaient au pied du lit ; je n’avais qu’à m’habiller, et, malgré cela, le froid que je sentais à la figure, la vue de ces vitres et le grand silence du dehors me donnaient le frisson d’avance. Si ce n’avait pas été la fête de Catherine, je serais resté là jusqu’à midi ; mais tout à coup cette idée me fit sauter du lit et courir bien vite au grand poêle de faïence,