Page:Erckmann-Chatrian - Histoire d’un conscrit de 1813.djvu/41

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« Oh ! mon Dieu ! que c’est beau !… C’est une montre.

— Oui, dit la tante Grédel, ça, c’est tout à fait beau ; je n’ai jamais vu de montre aussi belle… On dirait de l’argent.

— Mais c’est de l’argent », fit Catherine en se retournant et me regardant pour savoir.

Alors, je dis :

« Est-ce que vous croyez, tante Grédel, que je serais capable de donner une montre en cuivre argenté à celle que j’aime plus que ma propre vie ? Si j’en étais capable, je me mépriserais comme la boue de mes souliers. »

Catherine, entendant cela, me mit ses deux bras autour du cou, et, comme nous étions ainsi, je pensai : « Voilà le plus beau jour de ma vie ! »

Je ne pouvais plus la lâcher ; la tante Grédel demandait :

« Qu’est-ce qu’il y a donc de peint sur le verre ? »

Mais je n’avais plus la force de répondre, et, seulement à la fin, nous étant assis l’un à côté de l’autre, je pris la montre et je dis :

« Cette peinture, tante Grédel, représente deux amoureux qui s’aiment plus qu’on ne peut dire : Joseph Bertha et Catherine Bauer ; Joseph offre un bouquet de roses à son amoureuse,