Page:Erckmann-Chatrian - Histoire d’un conscrit de 1813.djvu/42

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qui étend la main pour le prendre. »

Quand la tante Grédel eut bien vu la montre, elle dit :

« Viens que je t’embrasse aussi, Joseph ; je vois bien qu’il t’a fallu beaucoup économiser et travailler pour cette montre, et je pense que c’est très beau… que tu es un bon ouvrier et que tu nous fais honneur. »

Je l’embrassai dans la joie de mon âme, et, depuis ce moment jusqu’à midi, je ne lâchai plus la main de Catherine : nous étions heureux en nous regardant.

La tante Grédel allait et venait autour de l’âtre pour apprêter un pfankougen avec des pruneaux secs et des küchlen trempés dans du vin à la cannelle, et d’autres bonnes choses ; mais nous n’y faisions pas attention, et ce n’est qu’au moment où la tante, après avoir mis son casaquin rouge et ses sabots noirs, s’écria toute contente : « Allons, mes enfants, à table ! »que nous vîmes la belle nappe, la grande soupière, la cruche de vin et le pfankougen bien rond, bien doré, sur une large assiette au milieu. Cela nous réjouit la vue, et Catherine dit :

« Assieds-toi là, Joseph, contre la fenêtre, que je te voie bien. Seulement, il faut que tu m’arranges la montre, car je ne sais pas où la mettre. »

Je lui passai la chaîne autour du cou, puis, nous