Page:Erckmann-Chatrian - Histoire d’un conscrit de 1813.djvu/68

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V


Quelques jours après. la gazette annonça que l’Empereur était à Paris, et qu’on allait couronner le roi de Rome et l’impératrice Marie-Louise. M. le maire, M. l’adjoint et les conseillers municipaux ne parlaient plus que des droits du trône, et même on fit un discours exprès dans la salle de la mairie. C’est M. le professeur Burguet l’aîné qui fit ce discours, et M. le baron Parmentier qui le lut. Mais les gens n’étaient pas attendris, parce que chacun avait peur d’être enlevé par la conscription ; on pensait bien qu’il allait falloir beaucoup de soldats : voilà ce qui troublait le monde, et pour ma part j’en maigrissais à vue d’œil. M. Goulden avait beau me dire : « Ne crains rien, Joseph, tu ne peux pas marcher. Considère, mon enfant,