Page:Erckmann-Chatrian - Histoire d’un conscrit de 1813.djvu/77

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



VI


Il aurait fallu voir la mairie de Phalsbourg le matin du 15 janvier 1813, pendant le tirage. Aujourd’hui, c’est quelque chose de perdre à la conscription, d’être forcé d’abandonner ses parents, ses amis, son village, ses bœufs et ses terres, pour aller apprendre, Dieu sait où : « — Une… deusse !… une… deusse !… Halte !… Tête droite… tête gauche… fixe !… Portez armes !… etc. » — Oui, c’est quelque chose, mais on en revient ; on peut se dire avec quelque confiance : « Dans sept ans, je retrouverai mon vieux nid, mes parents et peut-être aussi mon amoureuse… J’aurai vu le monde… J’aurai même des titres pour être garde forestier ou gendarme ! » Cela console les gens raisonnables. Mais dans ce temps-