Page:Eugène Le Roy - Au pays des pierres, 1906.djvu/212

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

était une Agrafeil, sortie de la communauté pour se marier avec un Gardel de Buffeloup, lequel avait plus tard marié son aînée avec Faure, de Fromental, père de la Faurille, qui, par ainsi, se trouvait être une parente…

Là-dessus, comme si cette communication eût mérité une récompense, le Pierre se leva, prit un des grands pichets de faïence qui étaient sur la table, et emplit le gobelet du maître, puis ceux de tous les parsonniers et autres, d’une bonne piquette rose pétillante.

Après les châtaignes, la gente Albine apporta sur la table une vaste soupière tenue au chaud devant le feu. Ayant mangé la soupe et fait leur chabrol, les Agrafeils se levèrent et s’en revinrent dans les terres, fors Tiennou, qui avait pétri le matin et s’en fut au fournil voir si la pâte était levée assez, et le four chaud à point.

Quant au vieux Bertrand, il mit la bastine sur la bourrique et s’en fut à La Salvetat pour moyenner le mariage de Jean avec l’Isabeau. C’était bien un peu hâtif, mais le vieux était assez « trulle » et recherchait volontiers les occasions de chopiner.

La vaisselle lavée, Françoise mit la Faurille au fait des êtres de la maison. En premier lieu elle la mena à sa chambrette, meublée en tout d’un châlit de grosse menuiserie garni de sa paillasse et d’une méchante couette, puis d’un vieux coffre piqué des vers et d’une escabelle. La fille ayant posé son paquet sur la courte-pointe faite de morceaux d’étoffes de