Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/195

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


peler les châtaignes pour le lendemain, tandis que les femmes filaient et que les anciens disaient des contes. Ensuite, quinze jours avant la Noël, nous allions, les garçons, sonner la Luce, comme nous appelons cette sonnerie ; et on peut croire que la cloche était très consciencieusement brandie !

À la Saint-Sylvestre nous courions les villages en chantant la Guilloniaou ou Gui-l’an-neuf, qui se peut dire ainsi en français :


À Paris, y a une dame
Mariée richement…
Le Gui-l’an-neuf on vous demande,
Pour le dernier jour de l’an.

Elle se coiffe et se mire,
Dans un beau miroir d’argent…
Le Gui-l’an-neuf on vous demande,
Pour le dernier jour de l’an.

Elle portait de belles robes,
Cousues en beau fil blanc…
Le Gui-l’an-neuf on vous demande,
Pour le dernier jour de l’an.

Mais à présent elle les porte,
Cousues en fil d’argent…
Le Gui-l’an-neuf on vous demande,
Pour le dernier jour de l’an.


Ou bien encore celle qui commence ainsi :


À Paris sur le petit pont,
Le Gui-l’an-neuf vous demandons,
À Paris sur le petit pont,