Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/208

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ne lui reprochait rien à cet égard, et qu’il n’était point disposé à une rétractation, ni publique, ni secrète.

Là-dessus, l’évêque, de son air de grand seigneur ecclésiastique, l’avait congédié en l’invitant à réfléchir mûrement avant que de s’engager dans une lutte où il serait brisé comme verre.

— Les ultras du clergé, c’est-à-dire les jésuites et leur séquelle, perdront la religion, comme les ultras royalistes perdront la royauté ! — ajouta en manière de conclusion le chevalier.

— Et que va faire le curé ? demanda la demoiselle Hermine.

— Rien ; il dit qu’il les attend.

Sur ces entrefaites, le chevalier attrapa un refroidissement et fut obligé de se mettre au lit. Sa sœur le tourmentant pour voir un médecin, il me fit appeler :

— Maître Jacques, pour faire plaisir à mademoiselle, tu vas aller à Montignac quérir un médecin.

— Il y en a un jeune, dit-elle, qu’on prétend très habile : il faudrait faire venir celui-là.

— Point, ma sœur, fit le chevalier :


Les jeunes médecins font les cimetières bossus.

» Tu iras, Jacquou, trouver ce ce vieux Diafoirus de Fournet. S’il ne peut venir, tu lui expliqueras que j’ai besoin d’une drogue pour suer, m’étant refroidi. Et lorsqu’il t’aura donné l’ordonnance, tu la porteras chez Riquer, l’arque-