Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/251

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a un fond égoïste ; tout ce qu’il peut faire, c’est de se vaincre lorsque le devoir le commande.

Virelou vint le lendemain, et, quatre jours après, le curé était habillé comme un bon paysan, de grosse étoffe brune avec un chapeau périgordin à calotte ronde, à larges bords.

C’était un dimanche : il nous engagea à aller tous deux, Fantille et moi, à la première messe à Fossemagne, disant qu’il garderait la maison de ce temps-là, d’autant qu’il craignait que sa présence à l’église ne fît du scandale.

— Mais la soupe ! fit la Fantille, qui n’en revenait pas de le voir ainsi habillé.

— J’attiserai le feu sous la marmite, ne crains rien.

Elle joignit les mains et leva les yeux aux poutres comme qui dit :

— Que verrons-nous de plus, grand Dieu !

Nous étions à peine de retour de la messe, la Fantille et moi, lorsqu’à l’orée du défrichement, dans la direction de la Mazière, nous vîmes le chevalier déboucher du bois sur sa jument, qu’il poussa au grand trot. Un moment après, il mettait pied à terre dans la cour et serrait avec chaleur les deux mains du curé.

— Je viens manger la soupe avec vous, dit-il.

— Soyez le très bien venu, mon vieil ami !

Et tandis que j’emmenais la jument à l’étable, ils se promenèrent aux alentours de la maison.

— Heureusement qu’il y a une poule dans la