Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/354

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placer. De cette même décharge, je me sentis cinglé à la joue et à l’épaule, mais je n’y pris garde, dans la grande excitation où j’étais.

— Hardi ! criai-je, cognez ferme ! la porte va tomber, cette fois !

Alors, d’un élan vigoureux, s’animant par leurs cris, nos hommes coururent sur la porte qui céda, la serrure arrachée, les barres brisées, les gonds tordus. Comme elle tenait encore quelque peu, le faure acheva de la faire tomber avec son lourd marteau.

— En avant !

Et empoignant la hache d’un homme, je m’élançai dans l’escalier, suivi de tous ceux qui étaient là, quelques-uns avec des lanternes, et enjambant les degrés quatre à quatre. Je fus bientôt au palier du premier étage, où étaient le comte et ses filles, ainsi que Mascret, tous à demi vêtus et se dépêchant de recharger leurs armes.

— Ah ! brigand ! m’écriai-je en me précipitant sur le comte, la hache levée.

Lui, n’ayant pas fini de recharger son fusil, le prit par le canon et essaya de m’assommer d’un coup de crosse.

Heureusement, je le parai avec ma hache, qui en retomba ; puis, aussitôt la levant de nouveau, dans un élan furieux, sans faire attention aux bourrades que Mascret et la plus jeune fille m’ajustaient par les côtes, à grands coups de canon de fusil, j’envoyai au comte un coup qui