Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/355

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devait lui fendre la tête. Il fit un grand saut en arrière, évita le coup, et se trouva près de la porte d’entrée de la grande salle, où, heureusement pour lui, il fut saisi, et aussi le garde, par ceux de nos gens qui avaient escaladé les croisées en repoussant le piqueur et les autres domestiques.

— Ah ! mes amis, vous me faites tort ! dis-je, en abaissant ma hache, ne voulant pas le frapper maintenant qu’il était hors d’état de se défendre.

— Qu’on ne fasse de mal à personne maintenant ! ajoutai-je, en m’apercevant que le comte et les autres étaient malmenés un peu fort.

Trois des demoiselles, voyant leur père pris, s’étaient sauvées à l’étage au-dessus ; mais la plus jeune, qu’on appelait Galiote, se défendait encore comme un vrai diable, et repoussait à coups de crosse ceux qui voulaient la désarmer. Pour l’avoir sans la blesser, on arracha un grand rideau d’une fenêtre de la salle et on le lui jeta dessus. Pendant qu’elle cherchait à s’en dépêtrer, on lui ôta son fusil, et on la mit dans l’impossibilité de faire de mal à personne.

Après que le comte, Mascret, le piqueur et les autres eurent les mains attachées avec des cordons de rideaux, on les fit tous descendre dans la cour. Puis, suivi de quelques hommes, je montai l’escalier pour rechercher les trois autres demoiselles qui, moins braves que leur cadette, s’étaient enfuies. Après plusieurs portes