Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/373

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mon père aurait été certainement assommé par la foule furieuse.

— C’est bien, allez vous asseoir, fit sèchement le président.

Et puis commença le long défilé des témoins à décharge. À mesure que tous ces pauvres gens, victimes des violences cruelles et des odieuses vexations du comte, faisaient le récit naïf de leurs misères, on voyait le nez du procureur s’allonger dans ses papiers où il se donnait le semblant de chercher quelque chose, tandis que le président tapait de petits coups impatients sur son bureau avec un couteau à papier. Quant aux jurés, il était visible que cette audition leur produisait une bonne impression.

La comparution du chevalier de Galibert eut un grand succès, de curiosité d’abord, car en ville on avait oublié ces anciens costumes de nobles de l’ancien régime, tels que le sien, et ensuite son témoignage me fut tellement favorable que le public, qui s’intéressait à nous, faisait entendre des murmures d’approbation.

Lorsqu’il eut achevé, M. Vidal-Fongrave se leva :

— Monsieur le président, je voudrais demander à M. le chevalier de Galibert de nous faire connaître son opinion sur M. le comte de Nansac.

— La question me paraît inutile…

Mais déjà le chevalier répondait vivement :