Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/396

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les jours de foire à l’entrée des bourgs se servent des feuilles, ou du jus, pour se fabriquer ces plaies artificielles qu’ils étalent sous les yeux des passants.

Au delà des châtaigniers, à quarante pas, c’étaient des bois taillis épais et vigoureux qui entouraient de tous côtés la maison, à laquelle on arrivait par un petit chemin perdu déjà, mangé par la bruyère, et qui s’arrêtait là. Une fontaine, dans le genre de celle de la tuilière, était à trois cents pas de là, au fond d’une petite combe pleine de joncs ; l’eau n’en était pas bien bonne, mais il fallait s’en contenter. Les bonnes fontaines sont rares sur certains hauts plateaux du Périgord : aussi les belles sources abondantes, de tout temps depuis les druides, ont été l’objet d’une grande vénération dans nos pays. Il y en a beaucoup, où, dans les premiers jours de l’automne, on se rend de loin, comme en pèlerinage, pour en boire les eaux salutaires. À quelques-unes, les femmes viennent déposer un œuf sur la pierre, pour porter bonheur à la couvée ; dans d’autres, les filles jettent une épingle pour trouver un mari ; et, comme toutes veulent se marier, il y en a où l’on voit au fond de l’eau des milliers d’épingles. Dans certains cantons où il n’y a pas de fontaines, les puits sont révérés comme elles, et la fille de la maison, le jour de la Noël, laisse tomber un morceau de pain dedans pour que l’eau ne tarisse pas.

Ce qui me plaisait dans cette maison des