Page:Eugène Le Roy - Jacquou le Croquant.djvu/451

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— Non, mais maintenant, s’il plaît à Dieu, les mauvais jours sont passés, sauf les accidents vimaires.

Elle ne dit rien et nous continuâmes notre chemin.

Lors de ma dernière allée à Fanlac avec ma femme, j’avais bien recommandé au vieux Cariol de me faire savoir s’il arrivait quelque chose au chevalier. Cela m’avait causé, comme je l’ai dit déjà, beaucoup de regret, et même une véritable peine, de n’avoir pas été à l’enterrement de la bonne demoiselle Hermine. Il me semblait, quoique ce ne fût pas de ma faute, que j’avais manqué à mon devoir, et je ne voulais pas récidiver. Un matin donc, un drolar arriva aux Âges de la part de Cariol, nous porter la nouvelle que le chevalier était mort. En ce temps-là, nous avions déjà plusieurs enfants, de manière que, l’aîné étant déjà grandet, ma femme l’envoya me prévenir du côté de Fagnac où j’étais. Laissant mon ouvrier aux fourneaux, je m’en vins vite à la maison où, ayant pris mes meilleurs habillements, je partis pour Fanlac, où je fus rendu tout juste pour l’enterrement.

Ce que c’est que d’être un brave homme ! Toute la paroisse était là : vieux, jeunes, hommes, femmes, petits droles, et, avec ça, beaucoup de nobles et de messieurs de Montignac et des environs. Tous les hommes voulurent aider à le porter au cimetière ou du moins toucher son cercueil. Le curé n’était plus celui qui avait rem-