Page:Féval - Le Fils du diable - Tomes 1-2.djvu/717

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» Mais ce n’était pas là le principal. Pendant que j’avais ma digne concierge sous la main, j’ai voulu m’informer quelque peu et tâcher de voir clair au fond de toutes ces complications mystérieuses.

» Ceci était d’autant plus difficile que la position prise par moi me défendait les questions directes. J’étais censé savoir ; je m’étais campé en maître ; tout ce qu’on avait fait, c’était moi qui l’avais ordonné.

» Comment interroger, après cela ?

» Heureusement, pour faire parler les concierges, il n’est pas besoin de s’épuiser en questions ; une simple permission tacite suffit à leur délier la langue, et, une fois que leur langue est en branle. Dieu sait qu’elle ne s’arrête point !

» J’appris de cette manière, sans grands efforts de diplomatie, que mes prétendus chargés d’affaires sortaient de l’hôtel, juste au moment où j’y étais entré moi-même.

» Ils étaient deux, dont l’un était resté à la porte, dans sa voiture, tandis que l’autre retenait le logement en mon nom et payait deux termes d’avance.

» La chose s’était faite avec une certaine précipitation ; on eût dit, ceci est une remarque de la concierge, que mon chargé d’affaire craignait mon retour.

» Il avait parcouru l’appartement et donné un coup d’œil rapide à toutes choses ; il avait mis dans une armoire, sous la garde expresse de la concierge, le portefeuille aux billets de banque ; puis il s’était retiré comme il était venu, en laissant pour moi ses compliments anonymes. »

Franz se tut.

— Après ?… dit Gertraud qui attendait quelque chose encore.

— C’est tout.

— Vous n’avez rien appris de plus sur ces deux hommes ?

— Rien de plus.

— Et vous ne soupçonnez pas qui ce peut être ?

— Si fait, répondit Franz.

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