Page:Fabre - Chroniques, 1877.djvu/215

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OTTAWA.[1]


Mesdames et Messieurs,


Pris à l’improviste, à un jour d’avis, vous n’attendez pas de moi une conférence régulière et je n’ai à vous offrir qu’un bout de chronique. J’ai pensé que la meilleure manière de vous intéresser, c’était de vous parler de vous-mêmes, d’Ottawa, de vous rappeler le mal que l’on en disait lorsqu’on ne connaissait pas encore la nouvelle capitale, du bien que l’on en pense depuis qu’on la connaît, qu’on a senti les effets de sa chaude hospitalité, admiré les progrès que fait naître tous les jours sa merveilleuse activité.

Ce fut un jour sombre pour la bonne ville de Québec que celui où Ton sut à n’en plus pouvoir douter qu’elle allait cesser d’être la capitale du pays. Elle s’était accoutumée à être capitale ; il y avait si longtemps qu’elle l’était, malgré des infidélités passagères, des courses jusqu’à Toronto. Elle croyait que le gouvernement lui appartenait ; que la Confédération

  1. Causerie faite dans un concert pour Les pauvres donné à l’Institut Canadien-français d’Ottawa, en mars 1876.