Page:Fabre - Chroniques, 1877.djvu/223

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SCÈNES ÉLECTORALES,[1]



PERSONNAGES.


Le Candidat. — Petit, grêle, laid, une chevelure touffue, des lunettes, une voix du nez, un teint de testament, en habit à la mode de 1812.

L’Orateur. — Jeune avocat, physionomie débonnaire aguerrie par une forte moustache et un rire fatal ; il prend souvent des notes sur sou calepin, et consulte le statut et la carafe qui sont près de lui, mais paraît plus satisfait de nos distillateurs que de nos législateurs.

Le Marchand. — La plus forte influence et la première pipe de la paroisse.

Premier Électeur. — Un roué électoral, connaît toutes les ficelles du métier, et tous les électeurs des paroisses voisines par leurs petits noms, sait par cœur les affaires de tout le monde, et les raconte volontiers.

Second Électeur. — Timide, craint toujours de perdre, crédule à l’endroit des mauvaises nouvelles, suppose volontiers que ses adversaires ont des ressources surnaturelles et des ruses machiavéliques à leur disposition, a peur de l’ombre de ses voisins.

  1. La scène se passe en 1861, sous l’ancien régime électoral.