Page:Fabre d’Églantine - Œuvres mêlées et posthumes, t. 2, 1802.djvu/200

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D’un souffle pur, les zéphirs autour d’elle,
En voltigeant carressaient ses attraits ;
L’Amour content de la trouver si belle,
Dans ses beaux yeux puisait de nouveaux traits.

Sous un mouchoir, qu’un vent léger entr’ouvre,
Sa belle gorge enflant avec lenteur
Et s’unissant au beau feu qui la couvre,
Semblait dicter le trouble de son cœur.

Au même instant je la vois, je l’admire ;
Tout près de moi, le malin Dieu sourit ;
À son aspect, mon cœur tremble et soupire ;
Il me fait signe, et j’approche sans bruit.

Ce bel enfant vint me dire à l’oreille :
« Point de transport, parlons tout doucement ;
« Ne troublons pas la beauté qui sommeille ;
« Un tendre objet l’occupe en ce moment.

« Heureux mortel ! je te suis favorable ;
« ROSETTE veut répondre à ton ardeur ;
« Tu sais charmer cette brune adorable ;
« Un songe heureux te retrace à son cœur. »