Page:Faguet - Le Libéralisme.djvu/347

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C’est précisément ce parti qui devrait exister et qu’on devrait souhaiter qui existât, et qui fût nombreux, et qui fût bien organisé, et qui fût fort. Il devrait y avoir en France un parti des Droits de l’homme ; non pas cette « Ligue des Droits de l’homme » qui était si peu d’accord sur les principes et qui s’était si peu entendue même sur la signification de son titre que, quand la liberté de l’enseignement a été en question, elle s’est demandé de quel côté elle était, et qu’une partie de ses membres a été pour et une autre contre, et qu’elle a été infiniment ridicule ; mais un parti des Droits de l’homme fermement attaché aux idées maîtresses de la Révolution ; partant de l’idée de liberté, et la mettant au-dessus de tout ; acceptant l’idée d’égalité et l’idée de souveraineté nationale dans la mesure où l’application de ces deux idées n’entamera pas et ne lésera par la liberté, c’est-à-dire, disons-le franchement, dans une mesure restreinte, mais encore considérable ; admettant la souveraineté nationale et le droit du peuple à choisir son gouvernement, mais n’admettant jamais que ce droit allât jusqu’au droit de despotisme ; admettant l’égalité des droits, l’égalité devant la loi et devant la justice, l’égalité d’admissibilité aux emplois publics, mais n’admettant jamais « l’égalité réelle », c’est-â-dire la défense faite à l’individu de se développer, de s’agrandir et d’acquérir, c’est-à-dire le despotisme encore ; tenant les Déclarations des