Page:Faguet - Pour qu’on lise Platon, Boivin.djvu/138

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ce que nous ne devons pas faire, parce que nous nous montrerions indignes nous-mêmes d’avoir reçu la permission de la connaître un peu.

Il faut donc nous élever, de plus en plus, par un effort incessant, jusqu’à la contemplation des idées éternelles, d’abord parce qu’elles sont belles et parce que c’est une de nos missions de les retrouver et de les démêler dans toute la mesure où cela nous est permis, mesure que nous ne connaissons pas et qu’il serait lâche de nous imaginer comme trop restreinte ; ensuite parce que s’élever jusqu’à la demi-connaissance, supposons, des Idées éternelles, c’est le seul moyen d’entrer en communion avec Dieu. L’homme ne peut pas s’unir à Dieu directement ; il peut, sans doute, s’unir à Dieu, partiellement, en la personne, pour ainsi parler, des idées divines. Dieu s’est laissé voir d’imparfaite manière ; mais enfin il s’est laissé voir dans ses idées, puisque, de ces idées, les objets matériels sont les résultats et par conséquent les reflets De ces reflets l’homme s’élève jusqu’à la contemplation des idées mêmes ; et là il est, sinon en face de Dieu, du moins en face de ce que Dieu a regardé et regarde encore.

C’est toute la communion que l’homme puisse avoir avec la Divinité, mais c’en est une. L’homme pensant est voisin de Dieu dans la proportion où il